Photo

Embroidered cloths of heaven

Quelques essais (56K, tu vas mourir)

Bon, en attendant d’avoir des nouvelles quant à mon avenir, je m’adonne à quelques approfondissements niveau photo (en particulier au niveau des logiciels). Comme je n’ai pas envie de faire la liste des livres / films (L’agence tous risques, A vif, Two lovers, Fisherman King…) / jeux (Bayonetta, Metro 2033, Little Big Planet…) que je fais ces derniers temps pour m’occuper, je vais donc plutôt partager quelques images ;) Histoire de comprendre un peu mieux mon appareil et réussir mon post-traitement pour donner un peu plus de chaleur aux images prises (rappelons que le 5D Mark II ne fait pas de post-traitement par lui-même contrairement aux appareils milieu de gamme, laissant une totale maitrise sur le développement : mais si on n’en fait rien, et bien on n’obtient des images ternes, ce qui explique que mes premiers tests n’aient pas toujours été concluants).


Résultat :

- Aucune de ces photos n’est en HDR. Attendez que je me mette à Photoshop (entre ça et du tilt shift, ça va être chouette)
- Je ne prendrai plus de photo en noir et blanc : à quoi bon puisqu’on peut obtenir un meilleur effet en désaturant à la main chaque canal ? On peut même obtenir l’effet des filtres de couleur, mais on conserve la possibilité d’obtenir des effets sympas (ça se voit peu, mais la rouille est légèrement en couleur sur la photo ci-dessus)
-  J’aime toujours autant obtenir des ambiances différentes à partir d’une même photo (souvenez-vous).

Bon, ce à quoi on va répondre : « oui, mais c’est de la triche ». Ce à quoi je vais rétorquer : « et ta soeur ? » (mais parce que je suis incorrect). Il est certes possibles de retravailler dans tous les sens une photo numérique. Oui mais. Au cas où, hein, juste comme ça… Vous pensez que c’est différent en argentique ? Le choix de la pellicule et des produits utilisés dans le développement, le temps passé sur chaque étape, etc, sont autant d’éléments qui permettent d’obtenir des effets qui ne correspondent en rien à la réalité.

Un boitier numérique, surtout à partir d’un certain seuil de qualité, se contente d’enregistrer les données qu’il perçoit de manière aussi brute que possible. Mais même pour restituer l’image exactement telle qu’on l’a vue, il faut impérativement passer par une étape de développement. Un appareil photo, quel qu’il soit, ne fonctionne pas comme un oeil humain (contrôlé de manière réflexe par le cerveau, pour adapter un tas de paramètres en permanence).

Donc non, ce n’est pas de la triche. Et toc !

Image de base

HDR avec Lightroom

Allez, il n’y a pas que les zombies dans la vie, il y a la photo aussi.

Voici donc mon petit tuto pour faire du HDR avec Lightroom. Ok, je doute que ça intéresse beaucoup de mes lecteurs, car ça demande déjà un certain matériel pour le réaliser :

- Un appareil prenant des RAW*
- Lightroom*
- PhotomatixPro (version d’essai pour se faire les mains, comme moi ici)

* On peut faire sans, mais c’est plus confortable ainsi. Si vous comprenez le principe, vous pourrez passer outre, ou utiliser d’autres logiciels.

Mais bon, sait-on jamais… Et puis, par simple curiosité intellectuelle, ça peut être intéressant.

Donc le HDR, qu’est ce ? Si je vous dis « High dynamic range », ça ne va pas beaucoup vous aider. En gros, quand on prend une photo, il n’est pas toujours possible de saisir toutes les nuances : si on veut avoir le détail des zones ombres, il faut faire une mise au point sur des couleurs sombres, perdant ainsi toutes les nuances dans les blancs. Et vice versa. Faire une mise au point sur une zone intermédiaire (un gris « moyen », ni trop clair ni trop sombre, par exemple), c’est perdre aussi une grande partie des détails d’une photo (même si normalement, c’est quand même ce qu’il faut faire).

Le HDR, ça consiste à prendre trois photos (une « normale », une sous exposée, et une surexposée, afin d’avoir à la fois les teintes générales, les détails dans les noirs et dans les blancs), puis de les combiner en une seule qui sera détaillée dans ses moindres recoins. C’est la technique utilisée par la plupart des photos qui semblent « plus belles que la réalité ».

Le problème, c’est qu’il faut normalement prendre trois photos parfaitement identiques avec des réglages différents, ce qui nécessite un pied, et un sujet parfaitement immobile.

Mais grâce au RAW, il est possible de s’en sortir sans trop de perte avec une seule image. Démonstration.

1) Tout d’abord, prendre une photo, correctement exposée, avec des zones sombres et d’autres claires

Voilà, vous pouvez cliquer dessus, elle est globalement bien exposée, mais le ciel manque singulièrement de nuances.

2) Obtenir les versions sur et sous exposées

A l’aide de Lightroom, modifier l’exposition pour obtenir +3Ev et -3Ev. C’est très simple avec ce logiciel (dans l’onglet « Développement », jouer avec « Exposition » pour mettre à +3 puis -3), mais vous pouvez obtenir des résultats similaires avec la majorité des logiciels de retouche d’images.

L’avantage : comme on part de la même image, on sait qu’il n’y a rien qui a bougé entre les trois versions. L’inconvénient : on perd quand même un peu dans les détails par rapport à une prise de trois photos successives.

3) Obtenir l’image HDR

Il va maintenant falloir mixer ces trois images. Pour cela, il suffit d’ouvrir nos trois photos dans Photomatix, d’ajouter les filtres qui nous intéressent (anti-bruit, par exemple), de donner les valeurs Ev de nos images (-3, 0 et 3), puis de générer l’image. Il faut ensuite passer par la case tonemapping, pour essayer différents réglages jusqu’à obtenir une image à peu près correcte.

Ca ne saute pas forcément aux yeux de prime abord, mais on a énormément gagné en détails dans les hautes et basses lumières. On notera également que comme j’utilise la version trial de Photomatix, le logo du logiciel s’est rajouté au milieu de l’image…

Cette version est loin d’être « la meilleure possible », j’ai voulu faire cet essai rapidement et je ne maitrise pas encore très bien ce logiciel. Toujours est-il que cette version est maintenant prête pour un dernier passage par Lightroom, afin de régler quelques détails…

4) Finitions sous Lightroom

A vous de voir selon vos envies. Ici j’ai diminué un peu l’exposition et la température, puis j’ai augmenté encore la récupération. J’ai augmenté les noirs et joué sur les contrastes, et désaturé le bleu.

Et voilà l’image après quelques réglages usuels…

Et voilà, vous avez toutes les indications pour essayer à votre tour (ou au moins pour comprendre comment ça marche et reconnaitre des photos HDR quand vous en verrez dans les magazines). Il est possible de faire mieux, évidement, mais c’est déjà un bon début. A vous de jouer sur les réglages, sur le pas (prendre 5 photos au lieu de 3), etc.

IMG_3411

Tuto du Raw

Je vois que pas mal de monde arrive sur ce blog en recherchant des infos sur le Raw (à cause de cet article).

Qu’on soit clair : le RAW est un format, au même titre que le MP3 ou ou le DOC. Si on peut expliquer son principe, il est incorrect de parler de « tutoriel » au sens propre : chaque logiciel permettant de lire le RAW dispose de ses propres mécanismes et possibilités.

Comme le sujet intéresse, revenons dessus :

- Le RAW est un format d’enregistrement non destructif pour les images. En gros, au lieu d’enregistrer « le pixel A est bleu, le pixel B est bleu un peu plus jaune… », pour chaque pixel,  tous les paramètres reçus par le capteur de votre appareil sont conservés.

- L’inconvénient : le poids. Plus il y a de pixels, plus il y aura de données à enregistrer, et le poids des fichiers RAW est impressionnant (plus de 13 Mo pour mes RAW à 5M de pixels, contre moins de 2 Mo pour les mêmes fichiers en jpg : quand on se fait une petite session et qu’on revient avec 100 photos, il vaut mieux avoir de la place sur le disque dur).

- L’avantage : comme vous avez les données brutes de l’appareil, vous pouvez faire le post-traitement comme vous le sentez. Les possibilités sont infinies : contraste, luminosité, teinte, saturation (canal par canal), vignettage, récupération, netteté, balance des blancs…

Ca simplifie la prise de vue (à part les ISO, l’ouverture et la vitesse, et évidemment la mise au point, il n’y a rien à régler), et ça permet d’obtenir précisément l’image que l’on voulait.

Maintenant, comment faire ?

- Il faut un appareil qui permette d’enregistrer en RAW, et le configurer pour qu’il le fasse. Généralement, c’est facile à trouver dans les options de votre boitier. Faites juste attention : c’est plus lourd, et ça va limiter votre mode rafale à un certain nombre de clichés.

- Il vous faut ensuite un logiciel capable de développer votre RAW. Et c’est là que les choses se compliquent, car chaque logiciel a ses spécificités. Pour ma part, j’utilise Lightroom (oui, ça a un coût, mais si vous vous lancez dans la photo, entre les boitiers, les objectifs, les cartes… Il fallait s’y attendre). Si vous voulez des tutoriels sur le RAW, vous devriez plutôt chercher des tutoriels sur les logiciels que vous compter utiliser, car chacun a ses particularités.

Je ferai peut-être un tuto spécifique pour Lightroom, mais je doute : il y a déjà bien assez de choix sur le net, et tout se règle de manière transparente en jouant sur les boutons (ou avec l’histogramme, qui présente la répartition de chaque couleur, le but étant en général d’avoir une répartition harmonieuse).

Bref, en un mot comme en cent : il n’y a pas de tutoriel pour le Raw. C’est un format, et le meilleur moyen d’apprendre à le manipuler est de s’entrainer avec les logiciels adaptés, en tripotant un peu tout jusqu’à obtenir quelque chose de correct.

Une fois fait, il faut exporter l’image dans un format plus exploitable (comme le jpg), afin de l’utiliser et le partager facilement.

Cependant, si d’aventure quelqu’un recherchant des infos à une question spécifique tombe sur ce blog, je me ferai un plaisir d’y répondre (dans la mesure du possible, évidemment), alors n’hésitez pas ;) .

Le RAW développé directement ou presque

Première approche du Raw

Certaines personnes ont le choix sur leur appareil de prendre les photos au format Raw ou au format Jpeg. Et si on ne sait pas à quoi sert le Raw, on a plutôt tendance à prendre en jpeg, vu que c’est beaaaaucoup moins lourd.

Quand on prend une photo en jpeg avec un APN, le capteur est exposé à la lumière (comme l’est la pellicule photo dans un appareil argentique), les données sont analysées par l’appareil pour produire une image, en utilisant différents algorithmes (qui peuvent varier selon les réglages). Et paf, ça fait des chocapics. En gros : l’image obtenue est issue de l’interprétation des données reçues par les photosites, auxquelles ont été appliqué un premier post-traitement. Au final, vous avez toute une série de pixels (ok, plusieurs milliers de pixels).

En Raw, l’appareil enregistre les données de chaque photosite. Donc oui, c’est beaucoup plus lourd. Mais les possibilités de post-traitement, avec un logiciel adapté, sont infinies. En gros, vous aurez le contrôle total sur votre image : c’est un format non destructif, qui vous garantit de ne pas perdre les données, et donc de pouvoir les exploiter à loisir jusqu’à obtenir l’équilibre parfait.

Par exemple, vous pourrez refaire la balance des blancs à volonté, pour obtenir la teinte idéale. Déboucher les noirs, récupérer des blancs cramés, faire mumuse avec l’histogramme… On peut toucher à la netteté, au bruit, etc. Mais aussi régler, canal par canal (et donc couleur par couleur), la teinte, le contraste, la saturation… A partir d’une même image en RAW, vous pourrez obtenir, sans perte de qualité, des images avec des tonalités TRES différentes.

Bon, forcément, ce n’est pas super utile pour les photos de tous les jours, il faut le reconnaitre, et surtout ça demande de traiter chaque photo pour en obtenir le meilleur. Mais a priori ça vaut le coup.

Petit exemple rapide du traitement d’un RAW :

Le RAW développé directement ou presque

Avec quelques petites modifications pour le rendre plus « dramatique » :

Avec quelques petits modifications

NB/ C’est largement perfectible, mais j’étais un peu pressé par le temps. Beaucoup d’autres variations sont possibles, puisque la couche de post-traitement n’altère pas les données de base, contrairement à un Jpeg.

Bon, là c'est même apocalyptique. Mais juste en variant quelques mesures...

A gauche, le 5D ; à droite, l'E330

Tour de chauffe

Ca y est, je l’ai reçu ! J’avais un petit mot dans ma boite m’invitant à aller chercher le nouvel appareil dans le bureau de Poste le plus proche (ou pas, j’ai tourné une demie heure autour du point où ce fameux bureau était supposé se trouver avant d’enfin réussir à mettre la main dessus). Je me demandais si le carton rentrerait sans trop d’histoires dans ma besace… Inutile de dire que j’ai abandonné tout espoir quand la guichetière est revenue avec une boite ayant environ le format de mon torse (ceux qui me connaissent savent ce que ça représente). J’ai donc fait les 2,5km du retour avec cette grosse boîte, réfléchissant au fait que je tenais dans mes mains ce qui serait sans doute l’outil de ma future activité secondaire, voire…

En fait, je crois qu’il vaut mieux que je ne liste pas tout ce qui m’est passé par la tête sur le chemin du retour. Partagé entre la peine (on s’est connus au début de ma licence, et je ne pensais pas qu’on en finirait avant la fin de mes études… Je me sens bien seul, et une part de moi n’arrive pas à réaliser que c’est fini), et l’optimisme (wind of change is blowing my friends ; la dernière fois que je me suis investi dans quelque chose, c’était le jeu de rôles, et outre le fait qu’avec ce groupement informel, j’ai réussi à mettre en contact une grosse douzaine de personnes, et vécu des moments formidables, j’ai surtout rencontré celle avec qui j’ai partagé mes joies et mes peines pendant trois ans… C’est naïf, mais je veux croire en une grande balance cosmique qui récompense l’investissement qu’on peut faire, et je me dis qu’avec le démarrage sérieux dans la photo, j’aurais peut être de nouvelles bonnes surprises ; l’avenir semble se dégager, des idées plus précises de ce que je veux faire plus tard, un stage exceptionnel qui se concrétise pour août, … Bref, il y a de la lumière au bout du tunnel).

En dehors de ces considérations, j’ai pu déballer la bestiole. Et là, c’est du lourd. J’ai mis l’E330 à côté, pour comparer et rigoler un peu. La capteur semble ridicule, tout comme la surface de l’objectif, à côté du monstre qui trône maintenant à côté. Petit comparatif en image, juste pour rire.

A gauche, le 5D ; à droite, l'E330Petite vue de haut pour commencer

Histoire de vous faire une idée, voilà les deux boitiers côte à côte, alignés à leur base. A gauche, mon nouveau joujou, le 5D Mark II de Canon. A droite, mon bon vieux E330 d’Olympus. Allez les filles, on se tourne…

Bon, la différence de taille des objectifs s’explique en partie parce que celui de gauche est un 24-105 contre un 14-54 pour celui de droite. Mais croyez-moi, ça ne fait pas tout…

Allez, petit comparatif. Cthulhu, par ici s’il vous plait.

(NdR : Non, sans déconner, ce test ne vaut rien : j’ai juste bazardé quelques photos en mode automatique pour avoir une idée, il est évident qu’aucun des appareils n’est utilisé à son plein potentiel, d’autant plus que les objectifs sont de qualité très différente ! Par exemple le flou vient de l’ouverture minimale de l’objectif, et ça ne dépend donc pas tellement du boitier. Considérez que je fais ça pour me détendre après une grosse journée, et pas en tant que vrai test photo, hein…)

Avec mon compact

Premier test, mode macro auto de mon compact. Du grain, et impossible de descendre l’ouverture de manière à obtenir un joli sujet net qui se détache d’un fond flou. Mais bon, c’est la photo de référence, maintenant, comparons.

Bon, évidemment, c’est mieux. Moins de grain, mais quelques difficultés au niveau du peluchage de la bestiole. Et un flou pas assez agressif. Merci E330 pour vos bons et loyaux services, mais…

… Encore plus merci nouveau Canon EOS 5D Mark II. Bon, oui je sais que côté expo, c’était perfectible, hum. Mais déjà : beaucoup plus de piqué, un très bon floutage, un niveau de détail excellent (NdR : il me semble que je l’ai connement pris en portrait, avec donc une atténuation des verts, c’est vous dire à quel point ce test n’a aucune valeur photographique)

On notera que pour un test un peu pertinent, il aurait fallu prendre le sujet avec le même éclairage, les mêmes réglages, un trépied et une même focale. Pendant que j’y suis, j’aurais aussi pu prendre les deux en RAW et faire une balance des blancs cohérente XD

Mais je crois que je préfère le faire à l’arrach’. Si vous voulez faire ce qu’on appelle du « pixel fucking », il y a de très bons sites pour ça, avec des comparatifs hautement plus exhaustifs.

Choix d’un appareil photo

Ayant eu à me pencher sérieusement sur la question, je vous livre un petit guide rapide. J’approfondirai certains points plus tard, notamment le choix de mon boitier à moi (quand je l’aurai, et que j’aurais les photos qui vont bien). Notons que ce qui suit n’engage que moi, vous avez le droit de ne pas être d’accord.

Allez, c’est parti !

- Argentique ou numérique ?

Grande querelle entre les puristes et ceux qui s’ouvrent un peu à d’autres choses. Personnellement, je ne saurai que trop vous conseiller le numérique, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la flexibilité du numérique : pas de pellicules à acheter, possibilité de changer rapidement la sensibilité ISO, possibilité tout simplement de virer les photos qui ne vous plaisent pas… Les offres sont concentrées sur le numérique aujourd’hui, et côté qualité, c’est du pareil au même. Il faudra toutefois souvent allonger plus de billets pour du numérique que de l’argentique à qualité équivalente, mais vu les efforts qui ont été faits en la matière, et si on regarde sur le long terme, le numérique a l’avantage.

- Quel type d’appareil ?

On les regroupe en trois grandes familles : les compacts, les bridges et les reflex. Et attention, il n’y en a pas un meilleur qu’un autre dans l’absolu, chacun présente ses avantages.

- Le compact :

C’est « l’appareil standard », de petite taille, pratique à emporter avec soi. Il y a de plus en plus de compacts ultra plats, de très petite taille, qu’on appelle « bijou ».

Qu’on s’intéresse à la photo ou qu’on cherche juste un truc pour immortaliser les repas de Noël chez tata Micheline, le compact est l’indispensable, le vrai couteau-suisse. Il est donc important d’en choisir un bon ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en raison de sa taille, le compact peut s’emporter partout (ce qui n’est pas le cas d’un beau réflex avec 5 objectifs…), pour une qualité d’image tout à fait satisfaisante (et même souvent excellente pour un usage normal). Pour des raisons que j’expliquerai un autre jour, il est important de souligner d’ailleurs qu’un compact est souvent plus performant pour certain type de photo (les macros, notamment) que de gros réflex !

De plus, il existe des modèles étanches, permettant la photo sous-marine aussi bien qu’à l’air libre. La plupart des compacts permettent la vidéo, ce qui peut être un plus appréciable dans certains contextes (soirées, etc).

Pour toutes ces raisons (et également pour son prix), le compact est le vrai indispensable à avoir toujours à porté de main.

- Le bridge :

C’est le format le plus controversé. Le bridge est à mi-chemin entre le réflex et le compact, mais ne présente ni la mobilité de l’un, ni le côté modulable de l’autre. Le bridge est encombrant, lent, et on pourrait le comparer à un réflex verrouillé, avec un seul objectif disponible (mais couvrant souvent une plus large gamme qu’un objectif de réflex, il faut le reconnaître).

A mon avis, il s’agit d’un achat dispensable (et dont je me suis dispensé) : soit vous voulez vraiment faire de la photo, et il vaudra mieux investir dans un réflex entrée de gamme, qui permettra une réelle évolution, soit vous voulez un truc plus standard, et là le compact fera souvent mieux pour le même prix.

- Le réflex :

Considéré par beaucoup comme le « vrai » appareil, qu’il FAUT avoir, je préfère vous prévenir : il vaut mieux un compact bien utilisé qu’un réflex mal maitrisé. Côté qualité d’image, le gain ne sera visible que pour certains types de sujets bien particuliers, dont 99% des utilisateurs n’auront jamais besoin. Donc oui, c’est bien pour frimer, mais vraiment une mauvaise affaire si vous ne vous penchez pas sur la question.

Ce petit préambule fait, il faut reconnaître que pour qui s’intéresse à la photo, le réflex (complété par un bon compact) est le seul choix qui permette d’atteindre les résultats souhaités : de par la taille de leurs capteurs, de par les nombreux réglages possibles (encore une fois, réglages qui risquent de noyer le non-initié et de lui faire rater ses photos !), de par ses objectifs interchangeables, les modes rafales pleine taille à 3 images/seconde pour les plus lents… Le réflex permet un total contrôle de l’image, et s’avère indispensable si on veut faire quelque chose de poussé.

- Règle d’or : choisir selon son usage

Je ne dissuaderai pas quelqu’un qui s’est mis en tête de s’acheter un réflex avec ce texte. Mais au risque d’insister, ça peut être un mauvais choix. Il n’existe AUCUN appareil parfait, pas même les boitiers pro à 5000€. Chaque boitier correspond à un usage précis, et il vaut mieux prendre un appareil adapté à ses besoins que de vouloir le plus gros et le plus cher.

99% des gens utilisant un appareil photo s’en servent pour :
- faire des photos en soirée, pour les repas de famille, de beaux paysages, les vacances, et de temps en temps un petit cliché sympa un peu plus technique (souvent pour tester la fonction macro sur les fleurs du jardin de grand-maman).  Le but est de mettre les photos en ligne, voire d’en imprimer quelqu’unes, rarement au delà d’un format A4.

Au risque de surprendre : pour ça, un bon compact actuel et des photos prises en 2 millions de pixels, c’est déjà largement assez. Je reviendrai sur la résolution plus tard, mais moi-même je ne shoote pas au delà (je vais m’y mettre à cause de certaines obligations auxquelles je serai peut être confronté pour passer pro, si un jour ça devait se faire, mais je n’en ai AUCUN usage). Et pourtant, j’obtiens d’excellentes impressions au format A4, qui ne pixellisent pas même à vingt centimètres (distance légale pour regarder une photo :P ).

J’ai lu récemment un pro qui ne se servait que des réglages pré-établis de son appareil. Sérieusement, vous pensez que vous avez plus de besoins qu’un professionnel ? A moins de vraiment vouloir faire de la photo artistique, je pense que non. Et par artistique, je n’entends pas « de jolies photos de vacances », parce que les modes « coucher de soleil » des compacts sont excellents, croyez-moi !

- Des milliards de pixels

L’argument commercial choc est souvent de vous promettre des millions et des millions de pixels. C’est à qui aura la plus grosse (quantité de pixels, donc). Il s’agit d’un argument foireux. Personnellement, j’en ai fait les frais quand j’ai dû changer mon téléphone portable il y a deux ans, téléphone dont je me sers parfois pour prendre des photos (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai pris le goût) : j’avais de bien meilleurs rendus avec un million de pixels qu’avec deux !

Pourquoi ? Le nombre de pixels va déterminer la résolution de votre image, certes. Mais ce qui compte, c’est surtout la taille de votre capteur. C’est « le bidule sur lequel on met les pixels ». Or tous les appareils d’une même famille ont des capteurs de taille semblable : la plupart des compacts aujourd’hui ont des capteurs 2/3″ (6,6×8,8 mm) ; chez les réflex, c’est très variable, mais 15x22mm est déjà un très bon format. Il existe également des appareils « full frame » qui montent à 24x36mm.

Bref, peu importe les chiffres : sur cette surface, on doit mettre un nombre donné de cellules sensibles à la lumière. Plus on doit en mettre au mm², plus on doit prendre des cellules de petite taille, et donc de faible qualité.

Imaginez que vous possédez un champ de 10m sur 5m. Soit vous plantez deux chênes massifs, soit trente bouleaux. Alors oui, d’un côté vous aurez plus d’arbre, mais côté qualité du bois…

Bref, avant de regarder combien de millions de pixels on vous promet, jetez un oeil à la taille du capteur, et souvenez-vous qu’il vaut mieux moins de pixels de meilleure qualité que plus mais pourris. Règle empirique (avec ses limites évidentes) : pour le même prix, prenez plutôt l’appareil qui n’a « que » 6 millions de pixels plutôt que celui qui en a 12. Vous aurez un bien meilleur rendu.

Mais à quoi ça sert, tous ces pixels ?

Pour une utilisation lambda (impression A4), à rien. Inutile de dire que si vous vous en servez juste pour Facebook, c’est encore pire. 2 millions de pixels suffisent largement. A 6 millions, vous pouvez imprimer des affiches de plus d’un mètre avec une qualité parfaite à 20 cm. 10 millions, ça devrait être réservé pour un usage professionnel, avec impression à trèèèèès grand format. Certains appareils sortent aujourd’hui à plus de 20 millions de pixels : inutile de dire qu’il est totalement inutile de prendre des photos dans cette résolution. Même pour un pro. Vous trouverez des comparatifs sur le net sur le sujet : un photographe avait voulu faire un test en studio, et avait pris le même sujet avec deux boitiers de la même famille, l’un plafonnant à 10 millions de pixels, l’autre montant à 24. Après impression sur un format titanesque, que même « les pros de l’image » n’utilisent qu’exceptionnellement, il n’a réussi à voir aucune différence même en grossissant ensuite les rendus.

En fait, pouvoir monter dans de telles résolutions ne sert qu’à une seule chose : le crop. Si vous ne savez pas ce que c’est, c’est que vous n’en avez pas besoin. ;)

Il s’agit en fait de pouvoir faire du « recadrage sauvage ». Simplifions : imaginons que vous ayez une belle photo, mais que seul un détail vous intéresse. Vous prenez ce détail, et paf, vous obtenez malgré tout une image de 5 millions de pixels. Cela ne veut pas dire que l’image serait aussi nette que si vous l’aviez prise correctement cadrée avec un appareil à 5M de pixels, mais juste que vous obtenez la même taille.

Le crop est une technique assez critiquée, et on vous répondra souvent que de toute façon, une photo ne peut être vraiment bonne et exploitable que si elle a été correctement cadrée dès le départ.

- Et le reste ?

A vrai dire, le reste dépendra de vos préférences personnelles. Certains appareils seront meilleurs pour la macro, d’autres intégrerons la vidéo, certains seront plus optimisés pour les hauts ISO (personnellement je ne monte déjà jamais au dessus de 800, je vois mal l’intérêt d’aller à plus de 100 000, à moins de faire de la photo sportive de nuit sans lumière extérieure…), ou au contraire auront une gamme descendant plus bas. Certains capteurs bloquent les IR et seront donc à proscrire si vous voulez faire de la photo infrarouge, d’autres sont étanches et iront sous l’eau, etc.

Si vous voulez investir dans le réflex, songez à l’évolutivité de votre boitier. Préférez une marque ayant un large choix d’objectifs et de filtres, c’est important. Au risque d’être caricatural, il n’y a aujourd’hui que chez Canon et Nikon que vous aurez de tels choix (même si Sony s’améliore grandement, la gamme Alpha peut être un très bon choix).

Attention toutefois : ce n’est pas parce qu’une marque est bonne pour le haut de gamme qu’elle sait faire de bonnes choses en entrée de gamme.

On en revient à la règle d’or : évitez le baratin commercial, sortez vous de la tête qu’il existe un boitier idéal (le plus cher n’est pas forcément le meilleur, le dernier sorti non plus), déterminez vos besoins réels, et cherchez l’appareil qui corresponde le mieux à ces besoins.

Il y a évidemment un autre point à prendre en compte, mais que je n’aborde pas tant il coule de source : le budget. Prenez un appareil qui coute ce que vous êtes près à mettre dedans… De manière générale, oubliez l’entrée de gamme : dans la guerre des prix, la première victime est toujours la qualité. Le but est de tirer les coûts vers le bas, et ça aura un prix qualitatif. A l’inverse, le très haut de gamme sert souvent de vitrine technologique, et il n’est pas indispensable de se ruiner pour quelque chose qui tient plus du gadget qu’autre chose : il vaut mieux attendre que la technologie se démocratise et se perfectionne, vous aurez quelque chose de plus abouti pour beaucoup moins cher d’ici quelques années. Les constructeurs investissent surtout sur des secteurs peu utiles à l’utilisateur moyen (et même avancé), donc vous pouvez taper dans le milieu de gamme sans problème.

Deux dernières petites règles :

- L’appareil ne fait pas le photographe. J’ai réussi deux de mes clichés préférés avec un téléphone portable 1 million de pixels. Du beau matériel pourra améliorer les rendus et vous donner un plus grand contrôle, mais c’est tout.

- L’avancée technologique a une limite : les règles de l’optique. Il n’existera jamais un appareil parfait pour tout et par tout, car les constructeurs sont confrontés à des choix liés à la réalité physique… Et il en sera toujours ainsi !

Exemple pratique :

Histoire de montrer un peu le raisonnement suivi, je vais vous expliquez ce qui m’a poussé à choisir mon futur boitier.

Il me fallait quelque chose me permettant un grand contrôle, avec une vaste gamme d’objectifs, et donc un réflex numérique Nikon ou Canon. J’ai comparé les produits des deux marques. Faisant surtout des paysages / natures mortes voire peut être des portraits, j’ai choisi de m’orienter vers le full frame (les capteurs les plus grands qui existent actuellement en photographie numérique), afin d’avoir la meilleure qualité d’image possible.

Chez Nikon, l’accent était mis sur les hauts ISO, dont je n’ai personnellement pas un usage très poussé. Chez Canon, j’ai en revanche été séduit par la possibilité de descendre à 50 ISO : pour les paysages, j’ai besoin de temps de pause long, et il me faut donc la sensibilité la plus faible possible. En Full Frame, Canon propose le EOS 5D Mark II : les inconvénients de ce boitier concernent un autofocus un peu léger (mais au regard de mes besoins, je fais mes mises au point manuellement), et un mode rafale à « seulement » 4 images par seconde. Petit bémol, il n’est pas tropicalisé (fermé vraiment hermétiquement, pouvant résister à plus de 80% d’humidité), et ne dispose pas de flash externe.

C’est en ayant bien conscience de ces lacunes que je l’ai choisi. Je sais qu’il sera un outil précieux pour l’usage auquel je le destine, mais qu’il ne sera pas d’une polyvalence parfaite, notamment pour la photo animalière (où monter à 10 images secondes ou plus aurait été un net avantage… mais qui se serait fait au détriment de la taille du capteur).

Voilà, j’espère que ce petit guide vous aura aidé à y voir un peu plus clair ^^.