Onirisme
Derrière les façades
3/04/10
La tête posée sur une bouteille de Trou Noir
Je remonte sans cesse le comptoir de mes rêves
Et là je me stoppe… et je regarde
Tellement de gens différents,
Des pas marrants aux pas mariés,
Aux marins qui n’aiment pas ramer
[La Rue Kétanou, Les maisons]
J’arpentais cette avenue en laissant vagabonder mes pensées, et je me suis mis à penser à vous. Vous tous, les gens que je vois souvent, que je croise ou que j’ai croisé parfois. Je me demandais ce que vous faisiez à ce moment même.
Je pensais à toi, qui devais te prendre une bonne grosse claque musicale -et tu ne pensais pas être là-haut il y a deux jours.
Je pensais à toi, qui devais être chez toi, à enfin prendre un peu de repos dans cette course folle qu’on mène en ce moment.
Je pensais à toi, qui devais enfin trouver le temps de souffler aussi, même si tout n’est pas rose en ce moment, loin de là.
Je pensais à toi, qui devais essayer de vivre ta vie, en essayant simplement de tenir le coup.
Je pensais à toi, qui devais passer une soirée en famille, auprès de personnes pour qui tu comptes, et de ces gens qui s’inquiètent pour toi -à leur manière.
Je pensais à toi, qui devais être entourée de tes amis, à fêter ton anniversaire en te prenant sans doute la tête car tu sembles aimer te mettre toi-même dans des situations compliquées.
Je pensais à toi, qui devais aussi fêter ton anniversaire avec tes amis, peut-être pas dans ce bar où tu avais prévu d’aller initialement, mais qu’importe !
Je pensais à toi, qui devais descendre une montagne en luge aux côtés de ta soeur qui se marie dans deux semaines.
Je pensais à toi, qui … Non, toi je ne sais pas du tout ce que tu faisais.
Moi,
Je revenais du ciné. Plutôt une bonne surprise, mais vous aurez évidemment la critique détaillée demain. Je regardais les façades des immeubles, et les petites tâches de lumière de ci de là.
Ces couleurs dansantes et cette semi-pénombre… Quelqu’un qui regarde la TV. Seul ? En famille ? Avec des amis ? Encore réveillé ou endormi ? Quel genre de film ?
De la musique, des gens qui chantent et rient. Et cette fille, les coudes nus reposant sur le fer forgé humide d’un balcon, le regard perdu dans la rue, s’allumant une cigarette… Qu’est ce que tu fais là, jeune inconnue, alors que tout le monde semble s’éclater à l’intérieur ?
Ce néon en fond d’allée… Sourire bienveillant et amusé en sachant ce qui se passe derrière ces portes closes. « Aimons donc, aimons donc. De l’heure fugitive, hâtons-nous, jouissons. »
Et ces trois, là ? De bons amis qui se retrouvent, une famille en deuil, ou des gens qui installent des lumières pour tourner quelque chose ?
*
Connus et inconnus,
Vous viviez vos vies, de vos côtés. Est-ce que quelque part, quelqu’un avait une petite pensée pour moi ? Pas forcément une longue songerie, je me contenterais bien volontiers d’éphémères propos, des miettes de souvenirs ou de questionnements.
Peut-être que c’est présomptueux,
Mais je dirais quand même que oui.
Tellement de personnes qui vivent côte à côte, dont les vies se frôlent ou se percutent. J’aime assez cette idée.
La prochaine fois que vous serez en ville, ayez une petite pensée pour moi, et regardez par les fenêtres pour imaginer cinq minutes ce qui s’y passe.
En plus,
ça passe le temps quand on se fait 45 minutes de marche à pieds
…
Delusion
31/03/10
Long time no see.
In my dreams.
Il y a des jours comme ça,
Où je resterais bien dans les bras de Morphée.
Ou dans les Siens.
Pour en profiter.
Encore.
Encore un peu.
Juste une minute de plus.
Ou une heure.
Ou plusieurs.
(Ou toutes.)
… … …
Sous le voile des songes.
Dans les brumes de la nuit.
Dans la quiétude de la couette.
Dans la candeur désillusionnée de quelque phantasme délusionnel.
Putain de réveil à la con.
NB/ Au cas où, tout va bien, hein.

