Cinémathèque

Critique 3 en 1

Bon, allez, un petit mix et sans image : Zone of the dead, Diary of the dead, et The dark hour !

- Zone of the dead :

Sympathique long métrage serbe, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard (et je parle en connaissance de cause). Un train transportant des produits chimiques dangereux a une fuite (à cause de militaires un peu bourrés qui s’engueulent avec un agent de police sur le quais de la gare, une balle part, et pan, nuage toxique et zombies). Au rang des écueils : au bout de trente minutes de film, on ne sait toujours pas qui on suit… On voit divers protagonistes en train de parler ou d’agir, et le film met un bon moment à se mettre vraiment en place. Après… low budget, peu de réelles bonnes idées, et quelques scènes ultra clichées.

Ce qui sauve le film (pas mal au demeurant), c’est sa galerie de personnages. Avec notamment une grosse brutasse fanatique religieux qui dégoupille du zombie à mains nues en récitant des versets, le vieux routard black de la CIA (montagne de muscles à ses heures perdues), la jeunette qui l’accompagne (qui ressemble pas mal à Claire Redfield), le prisonnier qui a tellement la classe qu’il connait tout sur les zombies et qu’il fait tourner ses pistolets à la Ocelot (ou à la El Wray)…

- Diary of the dead :

Injustement boudé par la critique, on retrouve avec joie LE maître du zombie, Roméro. Non content d’avoir inventé le genre, il signe ici un film où il joue avec les clichés tout en renouant avec le vrai film de zombies (et non d’infectés ou de semi-infectés comme on le voit trop souvent). Dans la plupart des films du genre, les personnes contaminées/zombifiées chassent les vivants, et si elles les mordent, de nouveaux zombies viennent grossir les rangs. Dans le film de zombies à la Roméro, ce sont les morts qui se relèvent. TOUS les morts. Suicidés, arrêts cardiaques, et évidemment les personnes mordues (même morsure légère).

Diary of the dead regorge de bonnes idées et d’entorses aux codes du genre : les survivants n’assistent pas au patient zéro mais découvrent l’évènement par les médias, la trame sous forme de road movie tourné en caméra épaule par des étudiants en cinéma sous la direction de leur professeur philosopho-alcoolique donne un certain cachet (et une justification au simili-reportage), le film se permet quelques scènes qui pourraient être légères mais où la tension reste continuellement palpable, on évite le sursaut facile (genre « BOUH ! »), les mises à mort sont toujours originales (faux, arc, piscine, acide…). Bref, du très très bon.

Seul bémol : le message en filigrane laissé par un des personnages, qui peut s’apparenter à une critique facile des médias. En même temps… D’une part elle n’est pas totalement infondée (ce n’est pas « puf, de toute façon les médias nous mentent et nous manipulent, c’est trop de la merde, et l’homme est avide de méchanceté et de sadisme »), et d’autre part, vu les derniers jours que vient de passer le personnage qui a monté les images des deux caméras… On peut comprendre.

Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas.

- The Dark Hour :

Original, tel est le maître-mot de ce long métrage espagnol. On est plus dans un film d’angoisse à l’univers proche de Métro 2033 que du vrai film de zombies, car si ces derniers existent (et qu’on les rencontre parfois), l’histoire va plutôt se centrer sur la survie d’un groupe de personnages dans un sous-terrain. On suit Jesus, un enfant de dix ans ayant trouvé une caméra, qui nous présente son petit univers tout en délicatesse et naïveté ; ce qui permet au film d’aborder, par exemple, l’homosexualité masculine en toute simplicité, fait assez rare dans le cinéma en général (« Ca, c’est Maria et Pablo, ils passent leur temps à faire des bisous et des câlins. Eux, c’est Lucas et Matéo, ils sont comme Pablo et Maria »). On sait peu de choses sur les infectés, donc je ne spoilerai pas : tout se noue au fur et à mesure que l’histoire avance.

L’atmosphère est efficacement posée, sans trop en montrer. L’exemple typique de film où le manque de moyens est contrebalancé par une recherche constante d’innovation.

C’est loin d’être une réussite sur toute la ligne, mais si on vous propose d’y jeter un oeil, ça vaut le coup.

Zombie Wars

Zombie Wars (War of the Living Dead)

Je vous parlais hier de la différence entre navet et nanar. Cette fois, c’est un bon navet, tout en premier degré, datant de 2006, et produit par le Canada (comme hier).

Ce n’est pas parce qu’il y a un atelier bondage en début de film que je vais en dire du bien

Taille : catégorie 4 (le monde entier).

Environnement : rural, étrangement.

Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés : mention explicite que ce sont les morts qui se sont relevés. Pas d’infection pour une fois !

Groupe principal : un petit groupe « central » (2 d’un côté, 3 de l’autre) avec beaucoup d’autres survivants qui accompagnent.

Estimation des moyens du film : 1000€, en incluant le prix de la caméra et les vêtements… Et encore, il y a de quoi payer une caisse de champagne à la fin du tournage.

L’histoire : 50 ans après l’apparition des premiers zombies, l’humanité tente de survivre. Dans un bâtiment fortifié ? Sur un point stratégique ? Non. Les humains plantent leur campement en pleine savane, là, dans une clairière sans visibilité, et n’organisent pas de tour de garde. Du coup, les zombies attaquent quand ils veulent, pas de souci ! Ils ne s’en privent pas, et font prisonnier David et « Star », une blondasse élevée par les zombies comme future nourriture, qui venait à peine d’être délivrée.

Si au moins David s’était appelé Ringo…

On notera que si les zombies ne leur ont jamais appris à parler, ils leur ont par contre offert la teinture blond platine (je ne dis pas ça pour Star, mais l’une des délivrés est franchement poussin dans son genre). David et Star sont conduits dans une ferme construite par les zombies, où ils rencontrent Silver, qui n’a pas du tout la tête d’un traitre (QUOI UN TRAITRE, TU AS VU UN TRAITRE TOI PEUT-ÊTRE ?).

Mais quel talent dans le jeu d’acteur !

En effet, en découvrant qu’il y a du savon à la ferme des zombies, David ne manque pas de se dire que jamais des zombies n’auraient pu y penser tout seul, et que quelqu’un chapote un peu tout ce qui est « élevage d’humains » en territoire savane (vais-je trouver un jeu de mot avec « papi Brossard » d’ici la fin de l’article ?). Et par son intelligence fulgurante, il arrive à comprendre que Silver est l’agent de liaison… Mais plus fort encore, il va réussir à le retourner contre son maître. Qu’il est fort, ce David.

Tellement fort qu’il prend aussi l’initiative de faire une carte non pas du campement, mais de comment y accéder. Et là, je reste pantois, car à moins d’avoir eu le temps de faire de la reconnaissance quand il a été capturé, je ne vois pas trop comment il peut connaître les détails topographique de toute la région. Bref, il met cette carte sur un zombie qui sort régulièrement, afin que lorsque ses camarades de la résistance tomberont dessus, ils trouvent la carte avec (maaaalin !). Et pour être bien sûr que c’est lui, il met ses « initiales, que toute la rébellion connait ». Moi tant qu’à faire, je mettrais mon nom complet, surtout quand en fait, je m’appelle JUSTE David.

OMAGAD, IL Y A UN D, C’EST UN MESSAGE DE DAVID, LE DAVID ! Hum, une ferme, elle est au milieu des arbres : je connais l’endroit !

Car de l’autre côté, il y a la rébellion. Une vingtaine de péquenots qui n’ont pas encore compris comment se protéger efficacement (heureusement que les zombies sont lent et meurent au moindre headshot). En fait, on verra surtout la Générale (qui a la voix de Jane Shepard dans Mass Effect, il me semble, non ?) et le frangin de David, dont le nom m’échappe. Mais ils sont super forts, tous les deux (déjà parce qu’ils arrivent à comprendre les messages secrets de David). On appréciera beaucoup le final, car après la mort de David, Star, qui était tombée enceinte, a pondu un moutard « qui mènera peut être l’humanité à la victoire » (John Connor effect).

DERPP DERPP DERP

Bonjour, je joue mal mais on voit mes tétons, alors STFU.

Un jour, je sauverai l’humanité entière. Mais pas demain, c’est Playmobil.

Film canadien de 2006, Zombie Wars accuse un retard d’au moins vingt ans niveau technique. Les musiques tombent bien à plat (allez Régis, magnéto, c’est la séquence émotion, sors les violons !). Deux trucs à peu près potables : le générique de début et le générique de fin. Tout le reste est moisi. Les zombies sont über bien maquillés, un mec élevé par les zombies a un sourire éclatant (David s’étonne qu’il y ait du savon, mais le dentifrice aurait pu lui mettre la puce à l’oreille…), les méchants humains qui collaborent avec les zombies n’ont pas un motif spécialement pertinent, et la confrontation est pour le moins risible. Jeu d’acteur, on va du très mauvais à l’exécrable.

Bref, il n’y a rien à sauver, même en étant gentil. Si au moins on avait l’occasion de s’esclaffer un peu, pourquoi pas, mais là, juste « non ».

The Mad

Mad Zombies (The Mad)

Moi aussi j’ai joué dans un groupe quand j’étais au lycée. On faisait du punk-rock-neo-gothique.

Mad Zombies (The Mad en VO, de 2007) est un nanar. On ne le répétera jamais assez, le nanar n’est pas un navet : oui, tout y est exécrable, mais oui, c’est fait exprès. Ce qui est fait pour être drôle est tellement nullissime que c’en est effectivement drôle. Ce qui est fait pour être stressant est aussi terriblement nul. Résultat, on passe son temps à rire à condition de tout prendre au 10 000ème degré.

Comme d’habitude maintenant, ma fiche rapide d’infos utiles.

Taille : catégorie 1.

Environnement : rural, un motel et une ferme.

Rayez la mention inutileZombies / Infectés : il y a même un grand débat entre nos survivants pour savoir si ce sont ou non des zombies (ça fait du bien pour une fois dans un film sur le sujet que les personnages comprennent rapidement à quoi ils ont à faire et connaissent leurs classiques). Ici, c’est un peu particulier : l’infection a pour vecteur de la viande infectée (ou des steaks carnivores).

Groupe principal : 5

Estimation des moyens du film : du bon vrai nanar, donc encore moins que pour La Horde.

Allez, l’histoire, vite fait. Un médecin (le mec dépité à droite sur cette photo de groupe), végétarien et fan de musique des 90s, part en week-end avec sa future nouvelle épouse, sa fille et le petit copain de cette dernière. Ils s’arrêtent dans un petit village typique, quand soudain, les clients du resto où ils font une pause commencent à s’entrebouffer.

La cause de l’infection : la viande est contaminée par des produits chimiques dans la nourriture du bétail… C’est surtout l’occasion pour un bon gros n’importe quoi des familles.

Un harpon et une raquette de tennis comme arme principale.

Si vous aimez la cohérence, passez votre chemin. Si vous aimez les comédies, idem. Il s’agit là d’un pur humour de nanar, c’est particulier… Difficile de faire plus lourd et mal dosé (je n’ai pas dit vulgaire, hein). Et attention, pour bien coller au genre : le film est gore.

Ok, cette critique n’est pas très inspirée, mais honnêtement, il n’y a pas grand chose à en dire : le film tourne sur peu de moyens mais bien exploités, des dialogues débiles qui peuvent survenir à n’importe quel moment qui donnent à la fois envie de jeter le film par la fenêtre et de se prendre un fou rire… Il remplit parfaitement son objectif nanarisant.

Allez, un petit exemple de dialogue :

La Horde

La Horde

Rock’n'roll, baby !

Un film de zombies français ! Assez rare pour être souligné, et donc vu, et donc commenté avec amour et petite fiche signalétique.

Taille : infection de catégorie 1 pour ce qui nous intéresse, mais ça ressemble au moins à du 2 ou 3 en fait.

Environnement : urbain : un HLM en banlieue parisienne

Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés : difficile à dire, pas de sujet zéro, pas d’explication, mais ça ressemble plus à du zombie.

Groupe principal : pas mal pour le genre et fluctuant, souvent 6 personnes, mais pas toujours les mêmes…

Estimation des moyens du film : amateur avec une bonne caméra. Sans rire, le budget doit tenir en gros à l’équipement pour filmer, quelques armes d’airsoft, de la sauce rouge, et beaucoup de bonne volonté.

HLM Zombies, wesh tavu ?

Le petit pitch qui fait pshit : un policier a été tué par des jeunes de banlieue, Seine St Denis représente. Une escouade de flics décide d’aller se faire justice, pour déboiter la tête des gangsta qui résident au dernier étage. Ca tourne mal, et alors qu’ils commencent à s’entretuer, les zombies commencent à attaquer (sans même hurler « braaaaaains » ; Son, I am disappoint). Il va falloir coopérer. Pour… ? Euh, déjà sortir de l’immeuble, a priori (alors que si on est dans une catégorie 3 et dans une position aussi stratégique que le sommet d’un immeuble barricadé avec des vivres et des armes, le mieux à faire est de commencer à installer un camp fortifié ; faut vraiment tout leur apprendre, hein !).

IM IN UR BASE BREAKING UR DOORZ

Bref, notre fine équipe veut mettre les voiles, et les alliances vont évoluer au fil de la partie et des morsures. On notera que les zombies sont ici particulièrement résistants (enfin ça dépend des moments, sur la fin une balle dans la tête suffit alors qu’au début il faut mettre le paquet), même si le corps à corps reste une option. On a droit à de jolies variations, par exemple : tout le monde est poursuivi dans un couloir, le gros du groupe arrive à passer et referme la porte derrière. Un seul est resté en arrière, et deux zombies lui tombent sur le râble. « Il faut aller l’aider ! » s’égosille l’un des survivants. « T’inquiète pas pour lui », lui rétorque son comparse. Et là, vlan, on voit le solitaire commencer à tabasser les zombies à la main, finir par les dessouder à l’ancienne, et franchir à son tour la porte. Il y a de l’idée.

Si les personnages ont tous un petit quelque chose pour les différencier (pas toujours pour le meilleur, remarquez), je tiens à souligner tout spécialement la prestation de Yves Pignot.

U talkin’ to me ?

Un acteur qu’il est bon, pour un personnage haut en couleurs, René. Aperçu du bonhomme : un vieux bourrin en marcel dégueulasse qui tranche le zombie à la hache à deux mains en enchainant picole, remarques lubriques et souvenirs du Viêt-Nam. Ok, heureusement qu’il apporte du punch à l’équipe qui serait un poil morose en dehors de ça.

Bon, je n’ai pas envie d’être méchant avec La Horde, pour une raison simple, c’est qu’on frôle l’amateurisme, et que dans cette catégorie, le film a assez de bonnes idées pour mériter le coup d’oeil. Et puis pour une fois que les dialogues ne font pas « anglais traduit », avec des références culturelles bien de chez nous (voire du terroire si on aborde le cas de René). Si on devait être objectif, c’est gore, pas toujours bien maitrisé, les personnages sont très inégaux et la trame laisse un peu pantois. Sans compter sur les dialogues, pas toujours bien maitrisés. Et LE reproche : pas du tout de progression dans l’apparition des zombies : hop ils ne sont pas là, hop ils sont partout. Et je ne parle pas de la fin, qui est plutôt moisie de chez moisie.

Mais voilà, c’est de la série Z avec de petits moyens, et quelques scènes qui valent le coup. Alors pourquoi bouder son plaisir ? Bon, pas de quoi avoir envie de le revoir, cela dit, mais à l’occasion, un jour de pluie, si vous vous ennuyez…

Des soldes, des soldes !

The Crazies

The crazies

AVANT PROPOS : IL Y A DES MORCEAUX DE SPOIL DEDANS. Rien de méchant, mais ça pourrait vraiment vous gâcher la « surprise » si vous comptez le voir. Voilà, l’honnêteté me poussait à vous le dire, au cas où.

Comme vous vous en doutez, je compte poursuivre mes études par un master en vaudou à l’université des Caraïbes. Pour finaliser mon dossier, le Baron Samedi m’a demandé de regarder tous les films de zombies qui passent. Afin de bien remplir mon devoir, j’ai assisté à une séance de The Crazies pour en faire un compte-rendu.

Avant toute chose : aucun lien, ni avec Gnarls Barkley, ni avec un quelconque film canadien (oui, je sais qu’il y en a plein d’autres, mais le comique de répétition a ses limites).

Non, il s’agit d’un remake d’un Roméro de 1973, La nuit des fous vivants (hum, je viens de regarder la bande-annonce, et en fait je viens de décider de ne même pas me fatiguer à faire un lien vers YouTube). Bon, côté originalité, pas trop ça, mais… enfin allez, petite fiche avant.

Taille : infection de catégorie 2, petite ville de l’Iowa (je pique la nomenclature du Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks, dont je ne manquerai pas de faire la critique quand j’en aurai fini la lecture)

Environnement : rural

Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés

Groupe principal : taille standarde (4 personnes)

Estimation des moyens du film : middle-low

(wesh-tas-vu, je suis pro et tout, maintenant)

« Waw, tu fais super bien la petite ville du mid-west ! ». C’est ce qu’on pourrait s’exclamer en voyant les lieux où vont se dérouler les évènements. On va suivre le shérif de cette charmante bourgade dans sa découverte progressive du fléau qui est sur le point de s’abattre en travers de sa tronche : une infection de la mort qui tue encore plus que les autres infections.

Mais le petit plus de The crazies : l’infection ne transforme pas en zombie classique. Alors, les différents stades infectieux (apprenez à les reconnaitre, ça peut vous sauver la vie) : dans un premier temps, le malade a des absences et une forte fièvre. Puis, tout en gardant ses facultés mentales, il sombre dans la démence criminelle, le poussant à commettre des homicides violents en usant de son esprit retors. Dans la dernière phase, alors que le patient peut sembler mort (ou pas), il devient juste super violent et tente de bouffer ce qui lui passe sous le regard.

La cause de tout ceci ? Une fois n’est pas coutume, c’est expliqué, d’ailleurs l’armée est au courant, et elle vient donner un coup de main… Vous avez déjà joué à Half Life ? La présence de l’armée et la gestion des civils apporte une petite touche d’originalité (pas si originale que ça vu que c’était dans la version de Roméro).

Technique, c’est bof. C’est du middle low budget, et c’est dommage : en général, quand le réal’ n’a pas les moyens, il compense par de bonnes idées ; quand il y a plein de sous, on en prend plein les yeux. Là c’est de l’entre deux : quelques scènes un peu spectaculaires, tout en restant un peu cheap, et rien de bien folichon pour compenser le manque de moyens. Rien de gênant, c’est même plus que correct (avec des hélicoptères, des explosions, tout ça).

Ce qui agace rapidement, ce sont les acteurs. Manque cruel de charisme et d’envergure dans les personnages. Et sans aller jusqu’à exiger un side-kick qui jongle pour détendre l’atmosphère, il faut reconnaitre que ça manque cruellement de second degré, alors que c’est indispensable au genre (ne serait ce que pour renforcer la tension dramatique en faisant buter le petit comique de service au moment opportun, et plomber l’ambiance un bon coup). Palette terne, personnages creux et premier degré… Ce n’est pas un film qui respire la joie de vivre (ouais, ok, en même temps, vu le sujet…).

Bon, alors autant le dire rapidement : si The Crazies a de bonnes idées dans son approche du genre, on ne manque pas de se vautrer dans de bonnes incohérences, scènes inutiles et autres trucs qui donnent envie de troller. Si vous avez la possibilité de le voir avec des amis qui aiment dire du mal, vous allez passer un eeeeeeexcellent moment !

Je vais me contenter d’un exemple : les sabots. Assez rapidement dans le film, les men in black du gouvernement viennent récupérer les personnes non contaminées et « récupérer » ceux qui présentent des symptômes (bon, déjà, je spoile mais c’est pas grave : l’armée aurait gagné à avoir un rôle plus ambigu, car sur la fin on en arrive à une incohérence assez gavante… Se donner autant de mal, si c’est pour buter tout le monde… Bref, je n’ai rien dit !). Et donc pour empêcher que les gens ne s’enfuient dans tous les sens, ils mettent des sabots à toutes les voitures.

Ok, je vous repose l’ambiance : on est en plein chaos semi-zombiesque. L’armée débarque, et en plus des hommes, munitions, armes, trousses de premier soin, ils sont donc venus avec un semi-remorque contenant des sabots pour voitures. Bon, déjà côté logistique, je trouve ça moyen, mais admettons, si c’était efficace, LE truc indispensable. Mais un sabot… Avec une scie à métaux, pouf pouf, on le vire, ou au moins on dégage assez la roue pour l’enlever et en mettre une neuve à la place.

Alors de deux choses l’une : soit ils voulaient faire du temporaire, mais là, ne me faites pas croire que mettre des sabots à toutes les voitures d’une rue, ça se fait en vingt secondes. Ce n’est pas plus efficace que de crever les pneus de toutes les voitures, et pour ça, hop hop, un petit coup de canif avec les couteaux de l’armée et en dix secondes c’est plié. Soit vraiment ils ont les nerfs, et ils décident de pourrir toutes les voitures, et là une rafale dans le moteur et pan, la voiture est clouée sur place.

Non, au lieu de ça, ils ont foutu des sabots à toutes les voitures. J’imagine bien le truc : « Johnson, tu t’occupes de brûler les cadavres. Spencer et Cohen, vous prenez le M16 et vous regroupez les survivants. McLane, avec moi, on s’occupe des maisons. Et toi Tommy, tu poses les sabots sur les voitures en nous attendant. »

De bonnes idées mais supermal exploitées, du gore, et un finish qui a sa place toute méritée au panthéon de fins ratées… Ces derniers temps, je finis mes articles en vous disant si oui ou non ça vaut le coup de dépenser 10€ pour aller voir le film : là clairement, non, à moins d’y aller avec une bande de potes trolleurs de la mort.

Bienvenue à Zombieland

Bienvenue à Zombieland

Quand Left 4 Dead rencontre Shaun of the Dead

Histoire de continuer sur ma lancée zombiesque de ces derniers jours, un petit passage par Zombieland, film déjanté sur la survie en environnement contaminé.

Il était une fois un bon geek à frisettes (que nous appellerons « Columbus »), tellement occupé à jouer à WoW pendant trois semaines sans sortir de chez lui qu’il ne s’est pas rendu compte que le monde avait viré au chaos. Ce petit bonhomme totalement névrosé a réussi à survivre grâce à un ensemble de règles qu’il applique à la lettre (les premières étant : #1 : un bon cardio ; #2 : double tap ; #3 : méfiez-vous des toilettes ; #4 : bouclez votre ceinture). Voulant retrouver sa famille, il prend la route, et croise un bon redneck (« Tallahassee ») avec tout son attirail : chapeau de cowboy, blouson en cuir, grosse caisse blindée et arsenal semi-militaire (avec une mentalité bien rock’n'roll & fuck the world). Mais voilà que nos deux mâles tombent sur deux soeurs, « Wichita » et « Little Rock », à peeeeeeeeeeeeine manipulatrices et fourbasses.

Néanmoins, l’amateur ne s’y trompera pas : on a quatre personnages, ce qui veut dire que le quota de survivants est atteint, et qu’on va pouvoir aller casser de l’infecté en famille.

Gore et fun, avec des environnements qui s’y prêtent bien (parc d’attraction, super marché, réserve indienne, mansion de Beverley Hills…), il n’y a pas grand chose à ajouter : Zombieland remplit à la perfection son contrat, un film de zombies défoulant et jubilatoire, même si ça manque parfois d’un peu de sel (certaines vannes tombent à plat).

Survolté, on va aller crescendo pour aboutir à une scène finale digne d’une bonne campagne du dernier jeu de Valve.

A ranger entre Planète Terreur et Shaun, avec néanmoins un moins grand pouvoir « potentiellement culte ». De quoi passer une bonne petite soirée.

Non, le mec à gauche, ce n’est pas Moot.

Prince of Persia

Prince of Persia

Pour moi, c’était ça, Prince of Persia : un jeu avec des pièges tous les deux mètres où le moindre faux pas conduisait à une explosion avec beaucoup de rouge dedans…

Alors quand on m’a dit que Disney se chargeait d’adapter le jeu vidéo, je me suis demandé ce que ça allait donner. J’avais certes eu vent des nouveaux épisodes de PoP sur consoles « Next Geeeen », avec moins de sang que dans les vieux en 2D, mais tout de même.

Bref, bienvenue donc devant Pirate des Caraïbes dans le désert.

Allez, histoire de partir sur un bon pied : honnêtement, le film est un bon divertissement d’été, avec de l’action, de l’émotion (enfin euh…) et une happy end. Pendant que je suis dans les bons points : les cascades, certains décors, ainsi qu’une bonne maîtrise chromatique (tons ocres / sable).

Alors vite fait, l’histoire maintenant :

Le roi perse a trois fils : le bon, la brute (qui a le même doubleur que Colin Farrell), et le truand (un fils adoptif, qui avait montré son courage et sa témérité en défendant un gamin contre les sbires royales). Les trois décident d’attaquer une ville sainte parce qu’elle produit des armes de destruction massive pour les ennemis de la Perse. Sauf qu’après un bon bain de sang, les armes en question sont introuvables, le roi rapplique, mais meurt à cause du présent que lui a offert son fils des rues, qui devra prendre la fuite, avec toutes les armées et une princesse sur les bras. Omagad, il a été manipulé (mais par qui voyons ?! Indice : le délit de sale gueule, c’est mal, mais quand on a joué un psy [dans Shutter Island], on ne peut être totalement innocent).

C’est pas pour cafter, mais tout de même il a la tête de l’emploi

Notre bellâtre aux deux expressions faciales aura bien de la peine à faire de l’ombre à Jack Sparrow dans le rôle du gentil voyou acrobate qui sort des vannes en lançant des regards de badass. Déjà, parce qu’il a à peu près le charisme d’un magnet livré en cadeau avec les nuggets au poulet, mais aussi parce que… Côté crédibilité… Enfin jugez plutôt, vous trouvez qu’il fait Prince of PERSIA, lui ?

Je reviens, je vais faire des UV

Ok, dans le genre, ça fait des siècles qu’on nous fait croire qu’on peut être né à Nazareth et être blanc comme neige (le marketing, le plus vieux métier du monde), mais euh, non. Ca plus quelques décors en plastique, des ralentis de la mort pour ouvrir une porte, et un poil trop d’action pour masquer quelques platitudes… Dommage.

Bref, reprenons : notre fringant héros de Los Angeles doit se coltiner Elizabeth Swan Gemma Arterton, qui a le mérite de bien présenter. Rôle classique : jolie, chieuse, s’oppose au héros jusqu’à ce qu’ils tombent amoureux et se caressent la langue réciproquement…

Les personnages intéressants sont plutôt à chercher du côté des seconds couteaux [NdR : oh, je fais des jeux de mots sans le vouloir, vous comprendrez en voyant le film !], mais je vous laisse découvrir ça par vous même si le coeur vous en dit (parce que ça ne fait pas de mal de le répéter à ce stade du développement : ça reste un divertissement d’été bien chouette).

Le réal’ a voulu faire d’une pierre deux coups : on prend Prince of Persia, et on fait en même temps Assassin’s Creed. Quelques courses poursuites dans la ville ne seraient pas reniées par Altaïr, surtout avec la capuche.

Ah, et il y a quand même un truc qui m’échappe à mort dans le développement de l’histoire, et je me permets de spoiler parce que je n’ai foutrement rien compris et si quelqu’un peut m’éclairer en allant voir le film : on nous dit que si on utilise la dague magique dans le sablier, les dieux vont se venger et tuer tout le monde. Pourtant, à la fin, hop, on l’utilise, grosse tempête de sable qui commence à balayer la ville, mais le temps remonte et donc tout va bien. En gros, ils détruisent quoi, alors ? Une réalité alternative ? J’en parlerai à mon Schrödinger de chat…

Bon allez, pour finir :

Tu feras attention en reculant, tu as un platane du désert derrière.

Infectés

Infectés

Infectés est un film de zom… Ah non tiens, pas cette fois. Même pas vraiment un film d’infectés comme Planète Terreur, car il n’y a pas d’infecté mangeur de cerveaux. Non, juste une épidémie qui décime la population, la paranoïa qui s’installe et des êtres humains qui montrent que la gentillesse a ses limites. Et que ces limites arrivent vachement vite dès que tout le monde risque de crever au moindre faux pas.

Il va donc être question de suivre les quatre gugus de l’image ci-dessus, représentant non pas Bill, Louis, Francis et Zoey (ni Rochelle, Coach, Nick et Ellis), mais deux frères (la brute et le gentil intello), le premier avec sa copine, le second avec une pote de fac. Et clairement, les demoiselles font de la figuration tant la tension du groupe repose sur les deux mâles.

Ces quatre djeunz dans le vent tentent de rejoindre l’océan, en traversant le Texas, pour retrouver leur lieu de villégiature estival d’enfance au moins une dernière fois. Ils vont croiser toute une série de personnages et lieux qui vont les mettre à rude épreuve. On pourrait le résumer en gros par : « et toi, pendant combien de temps tu pourrais garder ton humanité si ta survie en dépendait ? ». C’était déjà plus ou moins le thème de 28 jours plus tard, où dans la deuxième partie le danger venait plus des militaires que des zombies/infectés.

Ici, pas trop de gore : l’infection se manifeste par un rash assez significatif et aisé à détecter, qui gagne tout le corps ensuite en épuisant la victime qui succombe d’elle-même. Tout repose donc sur la tension psychologique, et les relations difficiles entre les personnages.

La trame générale est assez transparente, mais les bonnes idées sont là. De plus, il va être possible d’admirer les magnifiques paysages, grâce à une photographie bien maitrisée sur les jolis environnements de l’Ouest américain (« étatsuniens », sinon je vais me faire taper par nos amis québécois). On sent qu’il s’agit d’un premier film, car les frères Pastor débarquent avec une certaine audace visuelle. Et cette fraicheur fait du bien dans un genre un peu moribond.

Bon, clairement, on sent que c’est un film à petit budget : ne vous attendez pas à de la surenchère visuelle ou de moyens : on est dans l’intimiste, le minimaliste, mais le film se prête bien au jeu. On pourra compter sur une bonne gestion des maigres ressources, parvenant à rendre cette infection crédible, ce qui était déjà un beau challenge.

Côté scénario, ça ne casse pas des briques avec une pelle à tarte, mais il y a de bonnes choses, et ça fait du bien de voir pour une fois des personnages de post-apo se lâcher un peu et faire des conneries (bon, « peu », dans l’ensemble, mais le passage au golf est défoulant et on sent qu’avec plus de moyens, il y aurait eu un peu plus de pétage de plombs).

Il y a une certaine délicatesse dans la mise en scène (je n’irai quand même pas jusqu’à parler de subtilité, hein, faut pas déconner non plus).

En bref, est-ce que le film vaut d’être vu ? La question mérite d’être posée quand les places de ciné peuvent atteindre les 9€ aujourd’hui… C’est discutable, car même si le film est sympathique, il transpire l’amateurisme (de qualité, certes, mais il est facile de repérer des petites erreurs comme l’ombre du caméraman sur une prise de vue de haut, etc). C’est un peu mollasson comme road movie, et dans le fond, il n’y a rien de bien extraordinaire à en tirer. Mais l’idée est originale, et le tout plutôt bien réalisé. C’est dans ces moments là que je suis content d’avoir un abonnement.

Kick Ass

Attention, trèèèèèèèèèès important : ne vous laissez pas avoir par la bande-annonce française qui a circulé un moment dans les salles : et pour une fois, je dis ça dans le bon sens pour le film !

Je n’arrive plus à remettre la main dessus, mais ça ressemblait en gros à une comédie lourdingue pour ados. Surpris par quelques bons échos, j’ai réussi à le voir avant qu’il ne disparaisse des salles. Et waw, c’est très bon.

Le film oscille entre réalisme et déjanté, mais attention, toujours sur une toile de fond mature et violente. Je ne parle pas de violence dans le sens millions de morts et hectolitres de ketchup, mais attendez vous à quelques bastonnades glauques et détaillées. Et des hectolitres de ketchup, de temps à autre.

Le pitch : un ado sans histoire (pas même un vrai geek, pour changer) se demande pourquoi personne n’essaie d’être un super-héros dans la vraie vie, et décide de tenter le coup. Sans formation, il se ramasse, mais qu’importe : pétri de bonne volonté et d’inconscience, il tente sa chance, en espérant que sa détermination compensera son absence totale de talent. Et grâce à YouTube, il finit par rencontrer le succès. Au point de finir par agacer Mark Strong (qui joue aussi le grand méchant dans Robin des bois en ce moment ! De plus en plus à la mode, depuis Rocknrolla), qui campe un mafieux local, mais aussi d’attirer à lui le personnage de Nicolas Cage (Big Daddy) et sa fille (Hit Girl), qui eux, s’entrainent depuis bieeeeen longtemps pour faire tomber le parrain…

Très honnêtement, je trouve justement dommage qu’il y ait ces deux derniers personnages, car le film aurait pu être vraiment grandiose s’il s’était concentré sur le côté réaliste. Avec eux, on retombe dans le cliché, justement dénoncé dans la (très bonne) scène d’exposition, et le film prend ses couleurs clairement barré. Tant pis, ça se contente d’être un très bon film.

Niveau mise en scène, c’est bien foutu sans être exceptionnel non plus. L’action est bien rythmée, les combats sont, selon les personnages impliqués, très crédibles ou très tournés vers l’esthétisme… Sur la technique, le gros point fort est clairement la musique. Que ce soit par l’usage de thèmes ultra classiques (pour quelques dollars de plus, 28 jours plus tard, …) appliqués à des scènes d’action très différentes, ou des musiques très bien choisies, c’est un pur régal.

Un film à voir, même s’il aurait gagné à être mieux défini à mon avis, car à force d’hésiter entre deux styles, on se perd un peu. Oui, je sais que c’est inspiré du comic du même nom, mais je pourrais sans doute faire le même reproche au-dit comic…

Parallel lines

Parallel lines / Dialogues parallèles

Oui, j’ose la catégorie « Cinémathèque » pour du marketing viral. Car une fois n’est pas coutume, c’est de la vraie qualité : c’est la « Ridley Scott Associates » qui a été choisie par Philips pour produire cinq courts métrages afin de promouvoir leur dernier modèle de téléviseurs. On passera sur les caractéristiques techniques de la chose, parce que ce n’est vraiment pas ce qui nous intéresse ici.

Le concept ? Cinq courts métrages, cinq ambiances, un seul texte.

« Qu’est ce que c’est ? »
« C’est une licorne. »
« Je n’en ai jamais vu une d’aussi près avant. »
« Magnifique. »
« Va t’en. »
« Va t’en. »
« Je suis désolé. »

Ces quelques phrases vont donc s’enchainer, pour laisser place à cinq histoires radicalement différentes les unes des autres.  Science fiction, espionnage, action, aventure, ou simple scène poétique… Véritable exercice de style, avec du bon matériel et une bonne réalisation. Que demandez de plus ? (Qu’on vire la pub avant chaque court métrage ? Oui, en effet ça serait bien)

En tout cas, une initiative originale qui mérite un petit coup d’oeil.

Pour voir « La chasse », « La chambre noire », « Le cadeau », « Le secret de Mateo » et « Jun et les cieux cachés », allez faire un tour par , choisissez la qualité puis la taille, et enfin, prenez l’une des cinq bobines. (Et n’oubliez pas « passer l’intro » dès que possible)