Archives pour février, 2010

Petite MAJ de la playlist

Bon, en dehors des nombreux articles rajoutés ces derniers temps (si si, quand même), j’ai mis quelques petites chansons sur la plage Playlist.

4. The Red Hot Chili Peppers – Easily

Petit souvenir en hommage à ma soeur à la base (c’est elle qui écoutait ça à la maison, à une lointaine période où on vivait à quatre sous un même toit, finalement plutôt heureux envers et contre tout). Je me suis remis à écouter Californication suite à une modification de photo qui m’avait fait penser à la pochette de l’album (à cause de la couleur orangée du ciel). Et je me suis dit que ça serait plus facile de la retrouver (et de la partager avec vous) en la mettant ici.

5. The Dubliners – Rocky Road To Dublin

Cette petite balade irlandaise se trouve à la fin du film Sherlock Holmes. Comme je l’avais mise dans l’article et qu’elle me trottait dans la tête, j’ai eu envie de la rajouter aussi à la liste.

6. Iggy Pop – The Passenger

Ce classique qu’on a entendu et ré-entendu des millions de fois était dans la bande annonce de Up in the air, et là encore, en retrouvant cette chanson, j’ai eu envie de l’ajouter à la liste.

7. Punish Yourself – You ain’t got me

Choix plus personnel, mais j’aime Punish. Voilà, c’est tout. Attention aux oreilles si vous êtes sensibles, mais encore, celle-ci est franchement gentille. Elle est cependant très drôle sur Audiosurf, avec des tas de bosses de partout.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et bon dimanche !

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Petite réponse sur « De l’humain »

Vous vous souvenez de cet article ?

J’aime bien, car en regardant le blog comme ça, on se dit que personne ne passe vu que personne ne commente. Pourtant, des commentaires, j’en ai, mais par mail, SMS, de vive voix, etc. Trop timides, trop de conflits ? Peu importe, moi ça me va, de toute façon, je n’écris pas pour la course aux commentaires ni aux pages vues, mais par plaisir et envie (et puis je me dis que ça sert peut être à quelqu’un, quelque part, et qu’au pire, mettre les choses par écrit m’évite de les avoir dans la tête).

Bref, on m’a dit que je balançais beaucoup d’évidences, mais qu’à côté, on n’était pas trop d’accord pour autant : bien sûr qu’on peut rester proche de certaines personnes malgré le temps qui passe. Je ne dis pas le contraire, d’ailleurs. Clarifions ce que j’ai voulu dire.

Je vois deux cas à distinguer quand on garde quelqu’un dans sa vie :

- Soit on est resté en contact avec la personne, et on a donc partagé avec elles les évènements qui auraient pu nous faire changer. En partageant cette charge, on a pu en parler, et se « mettre à jour » au fur et à mesure que les évènements survenaient, au point de garder le même regard, ou au moins de comprendre et admettre la position de l’autre. C’est notamment le cas quand on partage le même cursus, les mêmes professeurs, etc : si on était proches au départ, on a de fortes chances de garder nos repères puisqu’ils sont soumis aux mêmes intempéries chez les deux personnes. Bien sûr, on n’est pas forcé de tout interpréter de la même façon, mais il y a déjà de plus fortes chances que ça se produise. Et ce n’est pas non plus parce qu’on partage les mêmes bancs qu’on verra les choses de la même façon.

Je soulignais surtout la difficulté qu’il peut y avoir à faire survivre une compréhension mutuelle quand les deux partent dans des directions divergentes, et ne partagent plus rien par la force des choses, mais seulement par choix (vous savez, ces personnes qu’on ne verrait pas si on n’avait pas décidé qu’on avait envie de les voir).

- Soit on décide que la personne mérite qu’on s’y accroche, parce qu’on la connait depuis longtemps (enfance commune, souvenirs forts…), ou parce qu’on l’apprécie et qu’on veut que ça dure. Mais il y aura toujours des différences, des incompréhensions, et c’est notre volonté qui nous permet de les surmonter. On peut avoir l’impression de le faire naturellement, mais ça n’a rien de naturel : il y a un choix derrière, celui de préserver une relation malgré les divergences. Si ce choix semble naturel, c’est parce qu’il est sociétalement le plus encouragé, celui qui est le plus présenté comme une norme. Mais il s’agit malgré tout d’un choix volontaire, car des points de vue identique sur tout, ça n’existe pas.

On me reproche également le manque d’exemples concrets. Les exemples enferment le propos, l’enracinent. Je préfère me dire que chacun verra ce qu’il aura envie de voir, et en tirera ses propres conclusions. Je n’écris pas pour imposer mes vues : j’écris parce que ces mots ont un sens pour moi, et j’aime savoir que chacun pourra rattacher ça à son propre vécu, même si c’est pour ne pas être d’accord.

On a regretté le manque d’approfondissement, d’exhaustivité. Ma foi, je le reconnais sans honte : écrire ces articles me prend déjà pas mal de temps, et je n’ai pas envie d’y consacrer ma vie. Ce sont des bribes de pensées, et là encore, le but est surtout de lancer une piste, plutôt que de baliser un chemin. Il n’y aurait aucun intérêt à dresser une encyclopédie de la condition humaine, et je n’en ai pas les capacités, de toute façon : je n’ai que mon point de vue à moi, et si je peux essayer de comprendre celui d’autrui, ça ne restera que « le point de vue d’autrui tel que compris par moi ». Alors au diable l’exhaustivité ! Il y a sans doute déjà bien des livres sur la question, bien des auteurs et philosophes qui se sont intéressés de savoir comment les êtres humains interagissent les uns avec les autres. Je ne vais pas faire le tour de la question en un article de blog (à moins d’en écrire un tous les ans, et encore).

Donc tant pis, je préfère m’en tenir à un propos plus léger. Je ne sais d’ailleurs pas trop si le but était vraiment le fond ou la forme. Toujours est-il qu’il s’agit surtout d’écrire au fil de la plume, sans trop me prendre la tête.

ultima

Vulnerant omnes, ultima necat

Comme d’habitude, l’originale juste pour rire. Et donc oui, le vignettage est volontaire.

Cette petite locution veut dire « toutes blessent, la dernière tue », et fait référence aux heures qui passent. Je n’ai pas picolé de bon matin, mais après avoir vu le dernier épisode de la saison 6 de NCIS, et suivi le cours de mes pensées jusqu’à ma première partie de Vermine (non, moi non plus je ne vois plus le rapport à l’heure actuelle), j’ai repensé à d’houleux débats sur la notion même de temps.

Petit préambule : j’ai lu un peu de Sénèque hier, et ça m’a rappelé que la notion de philosophie a évolué au fil des siècles. Si aujourd’hui, c’est un amas de babillages essentiellement centrés sur la morale, la philosophie dans l’antiquité était perçue comme un ensemble de disciplines, un prisme global au travers duquel on regardait ce qui se passait autour. Elle regroupait en son giron tant l’éthique que la physique ou la religion, permettant ainsi une cohérence dans son approche. C’est d’ailleurs sans doute à cause de sa segmentation que la philosophie peine à se renouveler à présent, mais là n’est pas le propos. Bref, là où je voulais en venir : s’il existe une physique académique toujours en évolution, certains de ses concepts peuvent être vus de plusieurs façons et donner plusieurs approches générales ayant des répercussions dans bien d’autres domaines. (On notera que mon propos frôle l’hérésie pour certains, loin de moi l’idée de mélanger morale et science, ou de prétendre révolutionner quoique ce soit : il est question d’une approche pragmatique des choses, et c’est tout)

On a pour habitude de considérer le temps comme linéaire, une suite d’évènements partant d’un point A pour aller à un autre point B. C’est commode, comme si chaque instant T laissait une trainée qu’on pourrait éventuellement remonter un jour, ou rembobiner comme une cassette. Il existe une réalité claire et définie qui s’imprime universellement de manière indélébile.

D’autres envisagent le temps de manière plus cyclique, soit en estimant que de grands mouvements se répètent au sein de cette trame linéaire (flux, reflux ; inspiration, expiration ; guerre, paix ; crise économique, période faste…), soit à plus grande échelle (l’univers revivrait toujours les mêmes évènements, à la manière d’un disque qui jouerait toujours la même chanson à chaque fois que l’on replacerait la tête de lecture sur sa bordure extérieure, et qu’au final, au sein de notre vie, tout est déjà déterminé car déjà vécu, ou ne tolérant que de faibles variations).

Une troisième approche, qui a ma préférence et que je m’en vais défendre, est que le temps n’existe pas en tant que notion physique, et n’est qu’une commodité sociale ou un instrument de laboratoire. Et qu’à ce titre, seul le présent existe (je ne dis pas que seul le présent compte, carpe diem tout ça). On définit une seconde comme « la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l’état fondamental 6S½ de l’atome de césium 133″. Nous voilà bien avancés… Le temps est surtout utile pour mesurer des vitesses (et permet de déduire des fréquences, la vitesse d’objets ou de réactions chimiques). Toutes ces données sont pourtant variables, selon le milieu : selon la densité, les concentrations… Le temps est une facilité pour mesurer dans un environnement donné.

Mais si on prend l’exemple du vieillissement cellulaire, ce n’est pas l’action du temps qui fait son office, mais seulement une suite de réactions conditionnées par le milieu. Certains éléments accélèrent ce vieillissement, d’autres le ralentissent… L’intérêt de la notion de temps, c’est que malgré tout, il nous donne des points de repère suffisamment stables pour anticiper, pour prévoir ce qui va se passer suite à tel ou tel élément.

C’est bien joli tout ça, mais à quoi ça nous avance de dire que le temps n’existe pas puisqu’il est malgré tout indispensable de le mesurer ?

L’intérêt peut se voir à deux niveaux :

- Si seul l’instant présent existe, le passé n’existe pas objectivement. Notre cerveau enregistre les évènements qui se sont produits, mais il ne peut enregistrer que ce qu’il a perçu, que ce qu’il a jugé pertinent. Sur un même évènement passé, chaque personne aura retenu les évènements à sa manière. Nos souvenirs découlent de nos interprétations. Pis encore, nous conservons les souvenirs de manière subjective, et ce stockage est loin d’être aussi intangible qu’on se plait à le penser. Tous les neurologues vous le diront : rien n’est moins fiable que la mémoire (à part la SNCF)

En bref, le passé est subjectif, et il ne sert à rien de s’engueuler avec les gens à propos de ce passé, à moins de penser qu’il puisse avoir des conséquences sur l’avenir.

Si un évènement nous a affecté, il ne faut pas se vexer si d’autres personnes l’ont vécu différemment, ou s’ils l’ont oublié alors qu’on le pensait essentiel. Il faut savoir si cet évènement est représentatif d’un comportement plus général, et s’il peut être important de mettre les choses au clair avec une personne, il ne sert à rien de débattre à l’infini. Ce qu’on aura dit pourra faire prendre conscience à l’autre de certaines choses et il décidera de changer par lui-même et pour l’avenir. Ou pas.

Il est important de comprendre le passé, je ne dis pas le contraire, notamment pour comprendre ses erreurs. Mais il ne sert à rien de s’y enfoncer.

- Si seul l’instant présent existe, le futur n’existe pas. Evidemment, il est essentiel de l’anticiper aussi, et d’investir aujourd’hui pour améliorer son propre avenir. Mais si l’on peut essayer de faire au mieux pour soi, dans la plupart des domaines, d’autres facteurs entrent en ligne de compte, et il est inutile de vouloir tout prévoir. Le propre de l’avenir est d’être changeant. On peut isoler certains éléments dans un environnement stérile de laboratoire, pour analyser des données, mais en gardant en tête que de toute façon, la réalité nous surprendra (et d’ailleurs comme me le disait récemment quelqu’un : « laisse une chance à l’avenir de te surprendre, c’est ce que tu as de mieux à faire pour l’instant. »).

Mais surtout, si le temps n’existe pas, alors le temps ne guérit rien par lui-même. Dans une réaction chimique entre un point A et un point B, il existe une infinité de micro-étapes intermédiaires, et l’on passe de l’une à la suivante à une vitesse donnée (pas forcément constante, d’ailleurs). Mais il n’y a pas de limite biologique pour changer. Passer du rire aux larmes et inversement est avant tout une question de choix qui n’est pas conditionné par un déterminisme physique. On peut avoir besoin des étapes intermédiaires pour assurer une transition stable, mais au final, le temps en lui-même ne change rien.

Ca n’empêche pas que certains contextes puissent être favorables ou défavorables à certaines réactions : on ne peut pas faire n’importe quoi n’importe quand.

- Mais que penser alors du présent ? Instantané coincé entre deux gouffres, il est difficile de le voir comme quelque chose de stable. D’autant qu’il n’est pas si différent du passé : il est lui aussi très subjectif. D’ailleurs, le temps de réfléchir à une situation présente, elle est déjà rejetée au passé, non ?

Ok, je reconnais que ces considérations sur l’absence d’objectivité de la réalité ont peut être été lééégèrement influencées par les dizaines de romans de Philip K Dick que je me suis englouti à certaines périodes de ma vie.

Je pense que c’est utile pour comprendre pourquoi je sens parfois un certain manque de « structure ». Mais ça présente aussi ses avantages.

PS/ L’intérêt de cet article ? Probablement aucun. On me dira que j’enfonce des portes ouvertes, ou que ces réflexions sont trop déconnectées de la réalité, manquent d’exemple, etc. Moi, je trouve que ça remet les bases en place. Et il y a des moments où il est bon de retrouver les bases pour pouvoir construire par dessus ensuite.

La citadelle des cauchemars

La Citadelle des cauchemars (de la mort qui tue)

Je profite de l’article sur le film Sherlock Holmes pour écrire rapidement un petit truc sur La citadelle des cauchemars de la mort qui tue (son titre complet, par pur foutage de gueule).

Vous allez me dire que vous ne voyez pas le rapport, il est simple : il y a Sir Arthur Conan Doyle dedans, le papa de Sherlock.

Bon avant toute chose, il faut savoir que c’est un « livre pour enfants », qui se lit en une heure ou deux. Cependant, si vous avez déjà lu des livres « jeunesse » de Christian Lehmann, vous devez savoir que bien qu’ils soient accessibles aux « jeunes », ils n’en restent pas moins intéressant pour les adultes. J’avais lu No Pasarán, le jeu en primaire, et Tant pis pour le Sud un peu plus tard. Sans aller jusqu’à dire que c’est avec ce dernier que je me suis intéressé au jeu de rôles (c’était plutôt l’inverse, d’ailleurs, j’ai acheté le livre parce qu’il en parlait et que ça m’attirait déjà beaucoup à l’époque), je dois reconnaître qu’il a contribué à l’envie que j’ai eu de m’y atteler. En repensant à Christopher Pike l’autre jour, j’ai repensé aux livres qui m’avaient marqué plus jeune, et j’ai voulu jeter un oeil à ce que Christian Lehmann avait produit d’autre. Intrigué par La Citadelle des cauchemars, et sachant qu’il ne me prendrait pas longtemps, je l’ai commandé, reçu, et lu rapidement.

Il est question de la passion de l’écriture, de l’intérêt des histoires qui font peur, et surtout, une descente en flamme des écrivains qui prennent la plume sans conviction et produisent des oeuvres aseptisées. La cible principale est un certain D.L. Stern, auteur phare de la collection fictive « Sueur froide »…

Je ne partage pas ce lynchage, même si tout ce qui concerne l’envie d’écrire et la nécessité de faire vivre « la Citadelle » titille un peu ma plume.

Il est question d’un jeune garçon qui vient de perdre son grand-père, et qui est pris de cauchemars. Il va alors découvrir qu’il a été choisi pour raviver la Citadelle, lieu où se réunissent les auteurs de fantastique (dont Bram Stoker, Lovecraft, Conan Doyle, …). Se dégage une légère réflexion sur pourquoi écrire (faire émerger une histoire, sans se soucier de plaire à tout le monde, sans rechercher gloire ni richesse), sur la nécessité de rêver et faire rêver, et sur la peur de ne pas rencontrer ses lecteurs. Tout ça sans réelle profondeur malheureusement.

L’autre aspect est la rencontre entre R.L. Stine D.L. Stern et le narrateur. Ce dernier reproche au scribouillard adulé de ses camarades le plagiat des autres auteurs, la culture de consommation, les ficelles utilisées pour pondre bestseller sur bestseller… Un peu trop revanchard à mon sens, d’autant que pour ma part, si j’ai commencé par les « Chair de Poule », ça ne m’a pas empêché de m’orienter plus tard vers des choses plus conséquentes (Mc Gee, Poe, Rice, King, Lovecraft… Puis de me tourner vers la SF, mais c’est une autre histoire). Certes, beaucoup trop se sont arrêtés à ce fantastique de seconde main, mais auraient-ils de toute façon eu l’audace de se tourner vers les grands auteurs du genre, ou ne se seraient-ils de toute façon jamais mis à lire ? Et moi-même, sans cette première étape, aurais-je franchi le cap pour aller vers des oeuvres moins superficielles, alors que je n’avais personne pour m’orienter ?

Il est vrai qu’à cause d’auteurs comme R.L. Stine, le bestiaire du fantastique a été cruellement désacralisé, et il n’y a pas de prestige à parler du chien des Baskerville tant on remplace par l’iconographie moderne, fluo et clinquante. L’épouvante y a laissé ses marques de noblesse, et s’est retrouvée assimilée à une période de l’enfance / adolescence, là où les grands auteurs visaient d’autres adultes.

Mais dans une époque où ce dont on ne parle pas disparaît, il est peut être préférable d’être confronté à une pléthore de figures du fantastique aseptisées plutôt qu’à un seul et unique modèle de sorcier sur son balai, ou une jeune fille hésitant entre le vampire ou le loup-garou du coin. Je préfère avoir eu plusieurs petites portes ouvertes, qui m’ont déjà donné les bases, pour mieux me les approprier ensuite.

Il y a eu une période de ma vie où je lisais vraiment beaucoup, mais sans personne pour me conseiller : je prenais un peu ce que je trouvais, et ce n’est que plus tard que m’est venu l’envie d’approfondir, en reconnaissant des sujets que j’avais déjà esquissé une première fois. J’ai pris mes distances avec la lecture quand le lycée a voulu me mettre de force à la lecture d’auteurs ronflants considérés comme classiques. Je regrette d’avoir perdu le goût des Bradburry ou Huxley à cause des Jean Paul Sartre (oh, qui n’ont pas écrit QUE de mauvaises choses, évidemment ! Mais qui m’intéressaient moins). Je n’ai jamais trop compris cette volonté de décréter qu’il y avait une saine littérature, noble et réaliste, et que tout ce qui sortait de cette route sacrée était bon à jeter. Poe manquait de qualités littéraires, vraiment ? Tous les goûts sont dans la nature, et si la richesse du langage est une mesure quantifiable, si l’originalité de l’intrigue est objective, qui ose se placer en arbitre des élégances, dresser une liste des auteurs à lire et médire de tous les autres ?

J’ai commencé par le fantastique, par effet de mode puis par goût. De Lovecraft, j’ai glissé à Agatha Christie. Puis j’ai voulu trancher, et je suis parti sur les rayons de science fiction, plus à cause de l’organisation de Decitre que par une vraie réflexion… Et mes profs de français ont dressé une liste de livres à lire impérativement, car il fallait aider ma génération à se tourner vers la lecture. Ils m’en ont détourné. C’est là que j’ai arrêté, par dégoût. Parcourir La citadelle des cauchemars m’a redonné envie de plonger dans quelques romans, et peut être de prendre le temps d’écrire à nouveau (à la base, je pensais que me mettre au jeu de rôles me permettrait d’aller un cran au dessus, en pouvant carrément faire vivre mes histoires, mais j’ai fini par comprendre qu’il s’agissait en fait d’un autre mode de narration, avec des codes totalement différents, et que si les deux permettaient à des histoires de naître, ils n’avaient pas d’autres points communs).

Désolé pour le côté décousu, vous devrez faire avec de toute façon.

Sherlock Holmes & le Dr Watson

Sherlock Holmes, quand Guy Ritchie se lance dans le blockbuster

Oui je sais, c’est ma période ciné. Et encore, je vous épargne les DVD que j’ai regardé ces derniers temps (The Rocky Horror Picture Show, Le bon la brute et le truand…).

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire sur ces pages ( par exemple), j’apprécie énormément le cinéma de Guy Ritchie. Arnaques crimes et botanique, Snatch, une grosse descente aux enfers du médiocre (parait-il, mais il faudra m’en assurer un jour) sur Carton rouge, A la dérive, et Revolver, puis un retour en fanfare (ou plutôt en guitare électrique) avec le come-back des films chorales de gangsters : Rocknrolla.

Là, c'est celle de la cave. Là, le vestiaire...

Surprenant donc de le voir aux commandes de ce Sherlock Holmes, gros blockbuster avec un casting de stars (Jude Law, Robert Downey Jr), des décors victoriens bien plus grandiolquents qu’à l’accoutumée, … J’étais à la fois fortement intéressé, mais aussi très inquiet du résultat final : Ritchie nous a habitué à des histoires tordues, une cohorte de personnages, et un univers déjanté. Comment allait-il s’en sortir avec un film à gros budget si éloigné de ses standards ? Pour tirer le bilan dès maintenant : pari réussi.

Commençons par l’histoire : Holmes et son fidèle acolyte, le Dr Watson, sont sur le point d’arrêter un tueur en série bien porté sur l’ésotérisme. L’arrestation musclée intervient juste à temps pour empêcher un sacrifice humain, et Lord Blackwood (campé par Mark Strong, tonton Archie dans Rocknrolla) se trouve rapidement condamné à mort. Ce n’est pourtant que le début…

Je t'ai déjà expliqué comment fallait faire pour coller des mandales ?

Je ne suis pas du genre à apprécier le trip sociétés secrètes, grandes capes noires et pentagrammes, mais j’avais assez confiance dans la réalisateur pour savoir qu’on ne basculerait pas dans un remake du Da Vinci Code. Grand bien m’en a pris : l’histoire, bien que cruellement classique, ne se vautre pas dans le ridicule, et l’enquête qui va naitre suite à des évènements étranges (pour ne pas dire surnaturels) tient en haleine le spectateur jusqu’à découvrir le fin mot de l’histoire. En évitant de trop spoiler : si le film souffre de légères longueurs en milieu de course, et que le « combat final » est un peu léger, le climax marche au poil (malgré, une fois encore, le côté bien classique qui détonne chez un tel réalisateur).

Parlons un peu personnages : Holmes revisité, nous arrive dans une version bien plus rock’n'roll que l’image classique qu’on en a gardé -à tort ! Robert Downey Jr est très bon dans son rôle d’homme du monde décadent et fin observateur. Sa faculté à interpréter les détails est poussée à l’extrême (Patrick Jane dans ses meilleurs jours x 10), ce qui permet de prendre le tout au second degré et de ne pas se vautrer avec mauvais goût dans le ridicule. Joie ! Petit bonus : ce même sens de l’observation autorise une alternative sympathique aux ralentis de la mort dans les scènes d’action (enfin on n’y échappe pas toujours pour autant). Pour lui faire face, on trouve un Dr Watson plus posé mais loin de faire tapisserie, régulièrement excédé par son équipier mais prêt à lui venir en aide. On rajoute à ça une jeune femme espiègle et insaisissable, un méchant bien dark, plus une ribambelle de side-kicks pour compléter le tableau.

Les personnages ont tous de l’esprit, et le verbe est manié avec délice (au moins dans la VO) : ça fuse tout le long du film. Un programme plutôt réjouissant, surtout accompagné d’une BO qui, comme d’habitude  chez Ritchie, nous colle une bonne claque musicale. Jugez plutôt :

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La mise en scène est dynamique (beau jeu sur les ombres / lumières, comme on pouvait déjà commencer à le sentir dans Rocknrolla), attendez-vous à un film explosif et délirant. Voilà qui tranche avec la gamme chromatique très froide du film, pour renforcer le côté londonien de la fin XIXe.

Size DOES matter.

Enquête, action, galerie de personnages agréable servie par des acteurs excellent (en passant, sur certains plans Robert Downey Jr ressemble vraiment à Al Pacino), musique qui dépote, et une histoire classique, mais avec quelques rebondissements bienvenus. Allez, sans dire que c’est le film de l’année, c’est une très bonne surprise : Guy Ritchie s’en tire à merveille. Attention toutefois : cette version revisitée de l’enquêteur britannique se veut très orientée action. Oubliez les « élémentaire, mon cher Watson » et autres clichés du même tonneau, Ritchie a voulu en faire une version beaucoup plus moderne et personnelle. Si vous êtes allergique à ses précédents films, ce Sherlock Holmes ne va pas vous réconcilier.

Lovely-Bones

The Lovely Bones, ou « les pédophiles construisent des cabanes »

Attention, ça va spoiler.

Et ça va même spoiler à mort, parce que ce film est une insulte au cinéma et je veux vous empêcher (un peu tard, peut être) d’aller cautionner une chose pareille.

Il s’agit d’une adaptation d’un roman (qui, je l’espère, est bien meilleur que le film) d’Alice Sebold, et le pire, c’est qu’ils y ont mis les moyens : Peter Jackson (dans son premier film sensible), Spielberg aux commandes (via DreamWorks), Mark Wahlberg (ok, là j’aurais dû commencer à me méfier), Rachel Weisz (oh allez, elle n’a pas fait QUE des mauvais films !), et sans doute un budget faramineux pour les images de synthèse.

Petit pitch rapide (enfin pas tant que ça vu que ça dévoile déjà 95% du film) : la petite Susie Salmon, 14 ans, est une jeune fille pleine d’entrain et de vie. Ces deux derniers aspects vont changer quand son sentier croisera celui d’un méchant méchant pédophile (très méchant). Mais, tada, en fait elle n’est pas vraiment morte (non, elle n’était pas blessée seulement), elle est dans l’entre deux.

Et là, ne se sentant plus de joie, on se dit « cool, il va y avoir une enquête, un peu de fantastique, elle va aider à retrouver son meurtrier, et tout ! ». J’avais lu un livre qui m’avait beaucoup marqué autour de mes 10 ans, « Souvenez-vous de moi » de Christopher Pike, qui traitait d’une ado pas complètement partie qui essayait de découvrir le mystère de sa mort : suicide, homicide ? Qui, comment, pourquoi, et surtout, comment le faire comprendre aux vivants restés derrière ? Je m’attendais à retrouver un peu de cette ambiance. Bien mal m’en a pris.

Ici, pas d’enquête. Pas une vision de la mort originale. Susie n’est pas un fantôme, et le fait qu’elle soit « entre deux » ne sert qu’à écouler le budget effets spéciaux, car elle n’interagit à peu près jamais avec les vivants. Mais alors, que se passe-t-il pendant plus de deux heures ?

C’est encore la question que je me pose. Rien. Rigoureusement, rien. Susie est dans un monde inspiré par Bernard Werber, et gambade dans la forêt, les champs de blés, ou à l’impression de se noyer. On ne partage que très peu le drame familial (papa casse sa collection de bateaux en bouteille, maman part bosser pour Tropicana en Floride, belle-maman débarque avec manteau de fourrure et clopes, et les deux enfants… euh, ben continuent leur vie). Les amis, le lycée ? Rien à foutre. Pourtant, on nous fait miroiter une gamine un peu gothique, un peu pas bien dans sa tête, qui voit les morts et tout : elle ne sert à rien (à part, sur la fin, à offrir un baiser entre une ado de 14 ans décédée et un mec de 20 ans environ, en donnant son corps comme réceptacle sans même être consentante).

Et le meurtrier ? Une terrible révélation, une histoire de famille, quelque chose ? Non non, dès le début, on nous dit de qui il s’agit : le voisin. Qui s’isole dans sa cave et se masturbe l’intellect en repensant à ce qu’il a fait. Après tant de gros plans inutiles, on se dit « ouais, trop cool, en fait il va vouloir passer à la petite soeur, mais super-fantôme va l’en empêcher miraculeusement ! ». Non non. Elle s’introduit chez le meurtrier, découvre son journal intime (jeudi 18 novembre : aujourd’hui, j’ai construit une cabane, trop kikoo ! Ah, et j’ai violé, tué, et pris une mèche souvenir à la fille des voisins, lol !), le ramène chez ses parents, et oh surprise, maman est revenue de son job d’été de deux ans et demi pile ce jour là, alors au lieu de hurler « au secours au secours, je suis poursuivie par le voisin qui a tué ma soeur, j’ai la preuve qu’on cherche depuis deux ans, mais faut appeler les flics tout de suite, il vient d’essayer de me tuer ! », elle se contente de rester là, platement, le regard dans le vide, et la seule grosse scène d’action et de tension du film tombe complètement à plat.

Mais comment a-t-elle su ? Euh… Bah comme ça. Il n’avait pas l’air net, elle ne l’aimait pas (gros délit de sale gueule, en somme). Plus fort encore, le papounet avait aussi découvert le pot-aux-roses et voulu régler quelques comptes à l’ancienne et à la batte de baseball. Comment ? Parce qu’en développant les photos que faisait sa fille, sur la dernière bobine, il voit le-dit voisin. OMFG !! Une gamine de 14 ans qui prend tout ce qu’elle voit en photo a pris une photo du voisin. UNE PHOTO DU VOISIN ! Mais merde, c’est lui le tueur ! Et donc après avoir bloqué en faisant développer la dernière pellicule (oui, la gamine a craqué 24 pellicules en deux semaines, les parents ont décidé de les faire développer au rythme d’une par mois), et avoir vu la photo, il rentre chez lui, regarde le voisin, et là, coup de tension, il SAIT. Plus fort que Patrick Jane : ce mec avait des rosiers, et là il construit une cabane : c’est bien plus qu’il n’en faut pour déceler chez lui une tendance schizophrène accompagnée de désordres affectifs sévères, liés à un Oedipe non résolu et une homosexualité refoulée, qui le poussent à assouvir ses pulsions violentes en enlevant, violant et tuant des petites filles.

Bon allez, avec tout ça, on se dit qu’au moins, ils vont finir par l’arrêter (mais merde, la gamine a le journal avec TOUTES les preuves, les flics ne sont pas loin et tout !). Non, monsieur le voisin arrive à décamper, non sans balancer le coffre qu’il avait au fond de sa cave, qui contenait le cadavre de la petite (deux ans de faisandage, hum !) dans une bonne fosse à purin. Du coup, Susie, ne se sentant plus de joie, peut aller vers le grand arbre au milieu du champs de blé avec les autres petites filles victimes du même psychopathe (donc le paradis est une plantation du Kensas avec 7 gamines qui jouent au bilboquet, faut le savoir avant de prévoir ses vacances là bas). Donc le meurtrier s’enfuit.

Ah mais non, tout est bien qui finit bien, et je jure que je ne plaisante pas : il meurt tué par un stalactite. On le voit vieux (et au rythme où il se faisait ses victimes, on peut imaginer qu’il en a encore écharpé quelques unes), faisant une proposition à la médium la plus useless de l’histoire du fantastique, plus âgée, qui décline le « je te dépose, chérie ? ». Et là, paf, un stalactite se détache d’un arbre, tombe dans le dos du pédophile, qui a alors une réaction parfaitement normale : un moonwalk, mais re-paf, il se prend les pieds dans la neige et chute dans le ravin qui était deux mètres derrière lui. Il tombe en faisant crac boom clash (Peter Jackson n’a pas perdu la main pour les corps qui se fracassent, c’est déjà ça). Et voilà, Susie Salmon (comme le poisson, ahah, c’est elle qui le dit, elle ne manque pas de mordant) achève le film (achever, c’est le mot), par un : « [blabla tout est beau, tout est bien qui finit bien... WAIT WAT ??] Et je vous souhaite à tous une longue, et heureuse vie », qui aura au moins eu le mérite de délencher chez moi mon plus grand fou-rire dans une salle de cinéma (ou au moins dans le top 5).

Bernard ? Youhou ? Je suis un ange maintenant ?

Si vous pensiez aller le voir, louer le DVD, ou même le télécharger : please, don’t.

NB/ Cet article a été écrit en mode geek aigri, juste pour montrer que je sais le faire aussi si je veux. Et d’ailleurs, je crois que je le ferai quand il s’agira de vraiment descendre un truc.

Interlude en flocons

J’ai conscience de ne pas être toujours facile à décrypter. Il y a pour ça une première raison, qui n’est peut-être pas la plus significative, mais qui pose une limite qui fausse tout le reste : je suis fondamentalement optimiste.

Il y a des gens qui vivent uniquement dans le passé. Qu’on ne s’y trompe pas : nous en avons tous un, et on y attache plus ou moins d’importance. Particulièrement quand le présent est insatisfaisant, par nostalgie, mais aussi plus simplement parce qu’on est la somme de ce qu’on a été et de ce qu’on aspire à devenir.
Cependant, certaines personnes ne vivent que dans les souvenirs, et passent leur vie à regretter les étincelles ou les blessures des temps jadis. Je ne pense pas être tourné vers le passé, du moins pas dans ce sens. Pour une raison simple : je n’ai pas un passé qui se regrette. Trop d’épines sur cette rose.

Il y a des gens qui ne vivent que pour le présent. On les appelle souvent à tort des épicuriens (ma vieille marotte). Cueille, cueille le jour présent… Peu importe où nos décisions doivent nous mener, faisons ce qui est bon pour maintenant.
Je suis bien trop angoissé pour en être. Comment prendre les choses légèrement si on ne sait pas où elles mènent ? Et encore, avec le temps et Epictète, je me suis mis dans la tête que parfois trop d’éléments étaient à prendre en compte pour savoir où mènerait une décision, et qu’entre deux voies, il était impossible de savoir laquelle était la meilleure, et que le plus sûr chemin était de se laisser porter par l’intuition. Entre des « indifférents » (au sens stoïcien, « qui ne dépend pas de nous », en gros), faire confiance au ressenti et non à la raison.

Reste les gens qui vivent dans le futur. Encore qu’il faudrait plutôt parler de conditionnel, dans la mesure où il ne s’agit que de potentialités. C’est là que j’aime vivre, ou au moins me promener : le champ des possibles. La réalisation d’une possibilité m’intéresse bien moins que son existence. Se déterminer revient trop souvent à s’enfermer.
Mais plus encore : peu importe la situation actuelle dans laquelle je me trouve, je veux toujours croire en un ailleurs, en un plus tard, en un meilleur. Je suis convaincu que les choses iront toujours en s’améliorant, sans doute parce que c’est ainsi qu’a été la trajectoire de ma vie jusqu’à maintenant. Oh, bien sûr, pas à tous les niveaux en même temps, mais de manière beaucoup plus globale. Je pense que comme Desproges, je grandirai en appréciant de plus en plus le cours de ma vie.

Pour en revenir au propos initial : comme je garde toujours en tête que demain sera plus radieux qu’aujourd’hui, je ne laisse que rarement entrer le vrai désespoir dans la vie, celui qui nous fait pourrir avant l’âge. Même triste, ce que je renvoie est pondéré par la certitude que tout rentrera dans l’ordre (ce qui peut sembler un paradoxe insoluble, c’est que je suis aussi convaincu que tout disparaitra, le vent l’emportera… Ça, c’est pour le côté désabusé, qui sait que la vie est souvent absurde).

Au final, que reste-t-il ? (Un carambar à ceux qui sauront d’où je tire cette formule, car il y a un grand parallèle avec le sujet qui nous occupe ici)
Que pour bien me comprendre, il faut savoir que la vie est pour moi un absolu qui me laisse béat par le seul fait « qu’il y ait quelque chose plutôt que rien », mais en même temps une vaste comédie cynique dont on ne réchappera pas. Un tohu-bohu aussi risible que purement admirable. Je me bats pour l’avenir, tout en sachant qu’il ne mènera à rien. Rien de fondamental à l’échelle cosmique en tout cas. Mais je crois que j’y reviendrai dans un autre article, si possible moins embrouillé !

Haute fidélité – BO

Je viens de finir « Haute fidélité » de Nick Hornby, où il est beaucoup question de musique, puisque le narrateur est vendeur de disques un poil intégriste.

À défaut d’en faire la critique maintenant (besoin de le digérer, le réinterpréter, me l’approprier), je peux vous recommander la BO sur laquelle je l’ai lu, et que j’ai trouvée tout à fait appropriée.

Alors, le top 5 des disques à écouter en lisant Haute Fidélité :
1 – Californication, des Red Hot Chili Peppers
2 – Pink Panther Party, de Punish Yourself
3 – A million in prizes, Iggy Pop
4 – White blood cells, des White Stripes
5 – XX, du groupe du même nom

Bon, ok, ça n’engage que moi. La critique sera sûrement plus intéressante.

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De l’humain : chapitre 1

Petit sondage en passant : les images de titre, ça vous tente ou pas ? Je le faisais il y a fort fort longtemps, ça peut prendre un peu de temps, mais ça donne envie de lire, je trouve. Commentaires par MP / mail / MSN / etc autorisés. Pour ceux que ça intéresse, l’image avant modification : par là. Oui, et un jour je pourrais faire autre chose que des « pictures unrelated », hum.

Avant propos : petite série de textes écrits au fil de la plume, il n’y a pas vraiment d’intérêt fondamental à ce que vous allez lire. Pas de message divin caché, pas de grande vérité, juste des portes ouvertes que j’ai envie d’enfoncer parce qu’il me semble opportun de le faire. Pardonnez donc dès à présent l’inanité du propos, et laissez-vous juste porter par la musique.

Chapitre 1 : sachons vivre sans emmerder les voisins

Malgré un titre pompeux, je ne vais pas me lancer dans la théorie générale de l’espèce humaine, de l’aube des temps à l’invention du gonzo (oui oui, toujours pour emmerder Google… Enfin au passage, je note que mon lectorat trouve ce blog principalement par les mots clés « Zerach blog » et « Zerach ubik », comme quoi c’est bien moi qu’on cherche ! Ca fait plaisir car il y a de plus en plus de lecteurs anonymes).

Non, ce sont plutôt des petites pensées entre l’apéro et les makis, pour passer le temps et clore une journée riche en dialogues. Evitons néanmoins de trop ancrer cet article dans son contexte : il a une vocation plus générale et abstraite (je crois que le droit pollue mes expressions).

Bref, il y a des jours où je me demande si la vie est si compliquée qu’on veut nous le faire croire. Que nous soyons des êtres complexes, mus par des réseaux tortueux, des enchevêtrements innés et acquis de réactions sociales, influencés par des facteurs psychologiques, notre passé, notre présent et nos désirs… Je veux bien. Mais en dehors de ça, on a surtout des pyramides de besoins simples à remplir : manger, boire, dormir, se protéger (de la chaleur, du froid, de la pluie, de tout ce qui nous cause du mal)… A ce socle commun (qu’on a plus ou moins tous satisfait dans nos contrées bétonnées), on rajoute des branches éparses : l’amour (très populaire, très vendeur), le sexe, le confort, l’art, la géographie, les collections de pogs… Plus on avance, et plus on s’oriente vers le superfétatoire, et on masque nos désirs profonds sous des couches glacées de faux semblants.

Un petit retour aux bases de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Si ça n’engage à rien dans certains domaines (les moins importants), dès qu’on touche à l’humain, ça devient le bordel. On trimballe tous notre lot d’inhibitions, de craintes irraisonnées, de désirs tus, mais surtout, on a conscience que chacun a les siens, qui nous sont propres mais qui existent pourtant. Alors on n’ose plus rien dire, de peur que ce soit mal perçu, de peur de blesser, de peur de ne pas être compris, de peur d’être trop compris.

Si du jour au lendemain tout le monde décidait de se dire les choses avec franchise, comme elles viennent et sans artifice, on pourrait peut être avancer plus harmonieusement. Mais il faut reconnaitre qu’il n’est pas tout à fait socialement correct d’arriver devant quelqu’un et de lui lancer : « Tu m’intéresses physiquement. On baise ? ». Je reconnais que j’ai toujours été touché par les personnes qui ne s’encombrent pas d’ambages : on sait à quoi s’en tenir, et faire fi du regard d’autrui à ce point là a quelque chose de courageux en vérité. Mais ce n’est pas du gout de tous.

D’un autre côté, pour éviter les anicroches, il faudrait psychanalyser chaque personne avec qui on compte interagir socialement. Et ça ne me semble pas tout à fait possible non plus. Rien que pour aller acheter son pain et être sûr de ne pas offenser le boulanger…

D’où cette solution médiane, qui consiste à tenter d’anticiper la réaction d’autrui, en restant dans une norme sociale non choquante, et à lever le voile quand une intimité commence à se dégager, mystérieuse alchimie entre les êtres, qui peut prendre une seconde ou une éternité, voire ne jamais émerger. Mais eh, nul n’est parfait, et on lit toujours autrui avec notre propre grille de lecture. D’où les incompréhensions inévitables, les malentendus, les divergences de systèmes de valeur… On ne peut que se passer à côté continuellement, les uns les autres, et il faut apprendre à clarifier les situations si on envisage de continuer à fréquenter une personne donnée.

Parfois, on finit par jeter l’éponge, on baisse les armes : trop de distance entre deux chemins, et chacun reprend sa route.

J’ai beaucoup de mal à concevoir les amitiés de toute une vie, à moins de ne pas changer, de rester deux rocs insubmersibles dans le flot des ans, à se contempler mutuellement. Mais l’immobilisme, c’est la mort, non ? Comment devenir ce qu’on est si on arrête de s’actualiser ? Il me semble improbable d’arriver à garder suffisamment de repères pour rester proches sur le long terme, à moins de vraiment vouloir déployer l’énergie nécessaire pour continuer à se lire au travers du masque changeant qu’on arbore. C’est possible, mais ce n’est ni facile, ni évident : c’est un effort perpétuel pour actualiser le langage commun qu’on entretient avec cet alter, et sans une volonté réciproque, point de salut.

La plupart des gens ne sont pas prêts à cet effort. D’ailleurs, on l’est soit-même rarement, sauf à l’égard de quelques personnes particulières, qui ne le sont que parce que le hasard les a bringuebalées sur notre route à un moment propice qui a permis une véritable rencontre. D’un pur aléa, on doit ensuite faire le choix de s’investir dans une relation. Cette élection intellectuelle me fascine, personnellement. Qu’est ce qui fait qu’une personne va prendre une place à part dans notre vie, au point qu’on sera d’accord pour en prendre plein la gueule juste pour la garder dans notre cercle de compréhension, pour continuer à partager avec elle ?

Il y a autant de réponses que de liens interpersonnels. Mais encore faut-il avoir conscience qu’une amitié, un amour, ça ne se garde qu’au prix d’une réelle volonté de surmonter ce qui ne manquera pas de nous dissocier.

Petit sondage en passant : les images de titre, ça vous tente ou pas ? Je le faisais il y a fort fort longtemps, ça peut prendre un peu de temps, mais ça donne envie de lire, je trouve. Commentaires par MP / mail / MSN / etc autorisés. Pour ceux que ça intéresse, l’image avant modification : par là. Oui, et un jour je pourrais faire autre chose que des « pictures unrelated », hum.

Du téléchargement légal

Le net est quand même pratique : récupérer des séries, des films, des jeux, des musiques, sans même avoir à mettre le nez dehors. Mais les avantages de cette dématérialisation, c’est surtout le fait de pouvoir glaner ce qu’on cherche à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, même les jours fériés, sans limite de stock, et souvent sans avoir à encombrer de cartons et boites inutiles. Si si, c’est bon pour l’environnement et sauver les pandas.

Ok, mais tout ça, c’est bien quand c’est légal. En dehors de ceux qui n’arrivent pas à s’adapter à cette manière de consommer la culture (parfois avec un très petit c, mais ne boudons pas notre plaisir pour autant), tout semble plus naturel pour la nouvelle génération, celle qui est née avec un pad dans les mains et un PC devant les yeux (ô toi le vieil aigri qui me dira que c’était mieux avant, je me permets de te signaler qu’un ordinateur est bien meilleur pour l’éveil intellectuel que bien des conneries d’autrefois, télévision en tête). C’est l’avenir ma bonne Lucette, et c’est en train de rentrer dans les moeurs.

Mais on va nous rabattre les oreilles avec le piratage. Et pourtant, il se comprend aisément : d’une part parce qu’on aime bien essayer avant d’acheter (télécharger pour découvrir, acheter pour encourager… Après tout, on a le droit d’essayer une voiture avant de mettre ses brouzoufs dedans). D’autres part, à cause de certains prix franchement exorbitants.

Rapide aperçu des plus gros morceaux :

- Pour les jeux : Steam. LA référence incontournable. Je sais que j’aurais beaucoup de mal à acheter un jeu PC ailleurs aujourd’hui. Promos toutes les semaines sur de gros titres (un pack avec les 2 Far Cry pour moins de 20€ ce week end, par exemple), permettant de se faire une grosse collection à des prix imbattables, catalogue impressionnant, qualité, mais surtout : dématérialisation totale, une fois un jeu acheté, il est ajouté à la liste des jeux que l’on possède, et on peut choisir de l’installer / le désinstaller à loisir. Quelques petits avantages de taille : mises à jour automatiques, possibilité de choisir la langue pour la plupart des jeux, gestion automatique des clés produits, passage facile entre les démos et le jeu complet (et des démos, il y en a un paquet, faciles à installer) ou encore une liste d’amis intégrée de manière intelligente pour pouvoir inviter rapidement ses potes dans une partie (ceux qui ont connu les galères de l’organisation « à l’ancienne » comprendront de quoi je parle !), ou même taper la conversation même si l’un est en train de jouer et l’autre juste connecté à Steam. Il est également possible de faire une copie de sauvegarde des CD d’installation des jeux, ou encore de jouer en offline. Autre bon point : la possibilité de partager le compte sur autant d’ordinateurs qu’on le veut, même si une seule session peut être connectée à la fois : pratique pour une personne qui change de PC (toute la ludothèque à portée de clic, où que l’on soit), ou pour un usage familial, mais empêchant les partage de compte à grande échelle.

Bref, chapeau à Valve, c’est à mon sens le meilleur service de téléchargement légal que je connaisse.

- Pour la musique : iTunes. Incontestablement une référence en la matière, il assure au moins la garantie d’acheter un titre légal. En effet, beaucoup de sites vendent des chansons à prix bradés, mais sans en avoir les droits : il s’agit purement et simplement de warez payant. C’est souvent le cas de sites russes aux noms bizarres, mais il y en a d’autres. Là au moins, on sait ce qu’on achète. Au final, c’est plutôt une bonne solution : 1€ la chanson, souvent 10€ pour les albums complets, un éventail assez large, téléchargement rapide, et possibilité de partager le compte sur plusieurs ordinateurs (5 au maximum). On trouve certains bonus (des chansons en plus, des packs, les artbooks en pdf…), ce qui n’est pas déplaisant. Mais pas d’archives claires en ligne, malheureusement, il vaudra toujours mieux faire une sauvegarde de ses achats sur un support plus fixe. On pourra aussi regretter le fait

- Pour les séries : ça se complique. Prenons l’exemple d’iTunes, toujours. Si la qualité des épisodes est bonne (et qu’il est facile de les transférer sur un iPod / iPhone), là où le problème survient, c’est au niveau des prix. Prenons l’exemple de Scrubs : la saison 1 coute plus de 50€, contre moins de 23€ en DVD. Certes, la dématérialisation, c’est chouette, mais on est tous fétichistes, et avoir un beau coffret, ça fait toujours plaisir. Comment expliquer cet écart du simple au double ? Tant que les prix resteront aussi élevés, le streaming continuera d’avoir de beaux jours devant lui.

- Les films : ahah. Là, c’est carrément du foutage de gueule. J’ai cherché à un moment des moyens légaux de me procurer des films. C’est la croix et la bannière : des tonnes de logiciels à installer, possibilités ultra limitées, prix prohibitifs (souvent bien plus chers que le DVD seul, et sans les bonus ! Avec d’énormes limitations de téléchargement)… L’industrie du film se plaint du téléchargement illégal, mais peut être qu’en rendant le légal plus abordable et intéressant, il y aurait moins d’intérêt à se servir au libre service, non ?

Si quelqu’un connait de bons sites / logiciels pour les films et les séries, je suis donc preneur. (Pour les légaux évidemment, hein)