Archives pour avril, 2010

From Zerach

He wishes for the cloths of heaven

Had I the heavens’ embroidered cloths,
Enwrought with the golden and silver light,
The blue and the dim and the dark cloths
Of night and light and half-light,
I would spread the cloths under your feet
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams beneath your feet;
Tread softly because you tread on my dreams…

William Butler Yeats

(Que l’on pourrait traduire, de manière plutôt littérale et donc pas toujours aussi poétique :

Puissé-je avoir les étoffes brodées du paradis,
Mêlés de lumière d’or et d’argent,
Le bleu et le sombre et le noir tissu
De la nuit et du jour et de l’entre deux,
Je déroulerais cette étoffe sous tes pas
Mais, étant pauvre, je n’ai que mes rêves ;
J’ai étendu mes rêves en dessous de tes pas ;
Marche doucement car tu marches sur mes rêves…

William Butler Yeats)

NB/ Traduction faite par mes soins, donc si vous voulez l’utiliser pas de problème, mais mentionnez-moi quelque part. Les versions trouvées ailleurs sur le net sont très éloignées du texte originel, même si certaines sont du coup plus harmonieuses.

Cold morning

Arnaque à l’italienne et petites futilités

J’étais en train de contrôler la pression des pneus de ma voiture, quand une voiture se gare à côté de la mienne. Un homme est au volant, les joues pleines, le teint rougeaud, la mine débonnaire. Il baisse sa vitre et s’adresse à moi en laissant transparaître une note d’accent italien. Il doit avoir une petite quarantaine, rasé de près, ses cheveux drus dressés sur le crâne. Costume impeccable, il dégage une bonhomie soigneusement travaillée, par son grand sourire Colgate totalement composé. Ca pue le commercial et l’eau de Cologne bon marché. Il tient un plan à la main, et commence à engager la conversation d’une voix rassurante.

Pensant qu’il cherche son chemin (entre les travaux pour rejoindre l’autoroute et le nuage d’Islande qui cloue les avions au sol, il y aurait de quoi), je m’approche afin de l’aider au mieux de mes possibilités. Je me rends bien vite compte qu’il tourne autour du pot, me sert de la langue de bois de vendeur bien rôdé (tenter d’établir une connivence, flatter subtilement l’égo, etc). Il finit par me raconter son histoire : il était à une foire de mode à Lyon, mais à cause d’une erreur de sa boite, il se retrouve avec un excédent de stock. Or, il doit aller à Genève, et s’il passe la frontière avec ce surplus, il devra payer des taxes, et il cherche donc à s’en débarrasser. Il me montre plusieurs articles dans un catalogue, m’assommant de chiffres ronflants. Sentant que mon bon samaritanisme cède la place à une suspicion bien méritée, il m’annonce le prix qu’il me propose : 600€, et il me laisse partir avec chemises et cravates de haute couture, un costume plus trois manteaux en cuir.

Son histoire était finalement crédible. Et un commercial reste un commercial, qu’il fasse des affaires sur un salon ou qu’il tente d’éviter de devoir passer la douane avec trop de stocks. Il semblait prêt à négocier, d’ailleurs. Alors je suis peut être passé à côté de l’offre du siècle, mais j’ai tourné les talons. Je l’ai remercié poliment, je suis remonté dans ma voiture, et j’ai tourné la clé.

Il y a des pièges évidents comme celui-ci, dans la vie. Mais il n’est pas toujours aussi simple de savoir qu’on a fait le bon choix. Comment savoir si on part dans la bonne direction, si on a pris les bons embranchements ? Foncer tout droit et ne pas se poser de questions pour ne rien regretter ? Se miner de doûtes et d’incertitudes ?

« The worst mistake anyone can make is being too afraid to make one »

S’il est souvent difficile de savoir ce que l’on veut, il peut être plus simple de se demander ce que l’on ne veut pas. Je ne veux pas finir comme certains membres de ma famille, et être trop vide, pour ne pas pouvoir survivre sans rechercher la compagnie des autres, l’approbation et les relations égoïstes. Je n’ai pas peur de la solitude, car je n’ai ni peur ni honte de ce que je vois quand je suis face à moi-même.

Et peut-être que la Princesse est dans un autre château.

Et même si, amer, je nourris quelques regrets (avoir laissé partir une amazone qui aimait Verlaine, ne pas avoir vu que la couronne que j’avais mise sur sa tête était devenue trop lourde [ pour le son, pour le texte], ne pas avoir pu tenir tête à qui il fallait ne serait ce que pour avoir le coeur net, ne pas avoir su chanter les paroles que j’aurais dû quand elle m’a joué sa musique, … Oui lecteur, toi aussi joue à deviner de quoi je parle !), je sais qu’il y a des choses sur lesquelles je ne reviendrai pas. Autant tourner les talons, et laisser les jolis éclats du passé là où ils sont.

Même si pour l’instant je pourrais reprendre à mon compte quelques vers de l’ami Stéphane (Mallarmé, in Renouveau) :

Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Je sais que c’est temporaire, et je me retrouve conforté par une vieille ritournelle (« Oh I am what I am. I’ll do what I want. »), quelques auteurs oubliés qui recommandent de vivre conformément à la nature, et de continuer à suivre son (long) chemin. Je verrai bien où il mène. Ne pas céder à mon « passager noir » (non, je ne serialkill pas des serialkillers. Des quoi ? … Toujours est-il qu’il est parfois difficile de refuser de céder à de sombres pulsions), s’accrocher à l’utopie de mes désirs (« Au mieux ils vivent au pire ils crèvent« ), et tenter de garder la tête haute, même si je ne me bats que pour des chimères et un idéal inexistant. Je tournerai ma vie pour m’en approcher, quitte à ne jamais l’atteindre, telle une courbe et son asymptote.

Ce qui compte, c’est que je ne m’abaisse pas à mes propres yeux (sinon, je baise moins bien, dirait l’ami Desproges).

Portal

La palme de l’annonce la plus geek

(La photo ne vient pas de mon appareil)

Il y a des éditeurs qui, pour annoncer la sortie de la suite d’un de leurs titres, balancent un communiqué de presse et regardent les fans s’extasier. D’autres attendent l’E3 (il paraît qu’on n’est plus ringard en ne disant pas « ikioube » mais bêtement « euh trois »… Tout se perd dans le monde du jeu vidéo), et balancent the teaser of the death.

Valve, que j’ai déjà loué plus bas pour l’excellent Steam, a poussé le bouchon beaaaaaucoup plus loin pour annoncer la suite du mythique Portal. Ils sont geeks, ont réinventé le FPS avec Half-Life (c’est d’ailleurs à cette époque qu’on a arrêté de parler de doom-like, tiens), et totalement tordus. Ils en ont fait la démonstration…

Tout commence donc par une mise à jour Steam de Portal. La communauté se demande de quoi il retourne : Portal, vieux de plusieurs années, une mise à jour ? Le log indique : « Changed radio transmission frequency to comply with federal and state spectrum management regulations ». De quoi piquer la curiosité des joueurs, qui ont commencé à regarder en quoi les radios avaient changé.

En prenant la première radio du jeu et en l’amenant sur le bouton rouge (les initiés comprendront), une série de BIP se met à jouer : du morse. Il ne fallut pas longtemps à la communauté (en ébullition pour l’occasion) pour trouver la traduction : « Interior Transmission Active External Data Line Active Message Digest Active ». Les autres radios émettaient des sons particulièrement bizarres, qui correspondaient à 26 fichiers sons « dinosaur1″ à dinosaur26″.

Bizarres au point que ces sons n’étaient pas des sons, mais des images. Codées sous forme de sons. Grâce à la méthode SSTV, les fans purent récupérer les-dites images, bien énigmatiques et glauques.

Oui, voilà, c’est déjà tordu, n’est ce pas ? Mais grâce à ces images, la communauté arriva à dégoter un numéro de téléphone (regardez l’image en haut à gauche sur les quatre postées). Evidemment, appeler le numéro aurait été trop simple. Il fallait en réalité se connecter avec son modem, … pour tomber sur un serveur BBS (l’ancêtre d’internet) et surtout, une demande d’identifiant et de mot de passe.

Après encore un peu de réflexion et de décryptage de morse, une des radios donnait la solution : « System Data DUMP Active User Backup Active Password Backup Active ». Mot de passe et password à entrer : backup.

Et là, quelle récompense merveilleuse attendaient les intrépides aventuriers de l’extrême ? Des images ASCII (dont les images qui ont été publiées ensuite par Gameinformer en 3D et en couleur)… Pour ceux qui ne connaissent pas, l’ASCII est une vieille technique consistant à faire des images avec des lettres et des symboles, à une époque où charger 500ko prenait une demie heure… Pour un exemple : ici (hum, it looks so delicious and moist !).

Certaines images ASCII étaient signées GlaDOS 3.11. GlaDOS, plus besoin de la présenter : le robot le plus psychotique et sadique qui soit… 3.11, en revanche ? Oh, par rapport au reste, c’était presque facile : 3/11, avec le format américain de date, ça donne évidemment le 11 mars. Tiens, justement la date à laquelle Gabe Newell, le directeur et co-fondateur de Valve, devait recevoir son Pioneer Award.

Valve laissa les joueurs se reposer quelques jours, avant de proposer une nouvelle mise à jour de Portal sur Steam : « Added valuable asset retrieval ». Hum ? C’est en finissant le jeu que la nouveauté de la mise à jour pouvait être vue : une nouvelle fin.

A la fin de Portal, Chell, l’héroïne, parvenait à détruire GlaDOS, et se retrouvait propulsée à l’extérieur du laboratoire d’Aperture Science. On voyait la caméra gésir sur le sol, et des débris tomber tout autour. Mais avant de passer à la scène suivante, qui nous montre ce que renferme le sous-sol du complexe d’Aperture, un petit ajout est fait : un robot vient tirer le corps de Chell, en annonçant : « Thank you for assuming the party escort submission position » (quand GlaDOS cherche à détruire Chell à la fin des 17 expériences, amorçant une folle course en dehors des sentiers battus, elle nous demande de nous allonger calmement et d’attendre que l’équipe responsable de la fête vienne nous chercher).

Finalement paru l’annonce officielle. Mais l’aventure était loin d’être terminée : certaines lettres étaient soulignées, formant « dratmannh0nee ». Rapidement survint l’hypothèse qu’il s’agissait d’un nouvel identifiant à utiliser pour le serveur BBS. Ce nouvel identifiant permis d’obtenir de nouvelles images ASCII, dévoilant notamment le mode coopératif à venir.

Le 11 mars arriva, et Gabe Newell prit la parole pour recevoir son Pioneer Award. Quand soudain, un bsod apparu sur l’écran. Pour les non initié, bsod est l’acronyme de blue screen of death, le fameux « écran bleu » indiquant un gros plantage sous Windows. Gabe Newell s’écria alors : « Voilà ma récompense pour avoir travaillé chez Microsoft ! », et quitta la salle. Ouais, sauf que voilà, jetez un oeil au bsod en question…

Vous avez déjà vu, vous, des écrans bleus signés GlaDOS ? A nouveau, la communauté a planché pour percer à jour ce qui se cachait là derrière. Un simple message : SUSPENDUNTILEEE, soit avec les espaces SUSPEND UNTIL EEE, soit en gros et en français : suspendu jusqu’à l’E3 (le plus gros salon du jeu vidéo, à Los Angeles, qui a lieu au mois de juin).

Epique et ultimatement geek. Valve… On vous aime !

Parallel lines

Parallel lines / Dialogues parallèles

Oui, j’ose la catégorie « Cinémathèque » pour du marketing viral. Car une fois n’est pas coutume, c’est de la vraie qualité : c’est la « Ridley Scott Associates » qui a été choisie par Philips pour produire cinq courts métrages afin de promouvoir leur dernier modèle de téléviseurs. On passera sur les caractéristiques techniques de la chose, parce que ce n’est vraiment pas ce qui nous intéresse ici.

Le concept ? Cinq courts métrages, cinq ambiances, un seul texte.

« Qu’est ce que c’est ? »
« C’est une licorne. »
« Je n’en ai jamais vu une d’aussi près avant. »
« Magnifique. »
« Va t’en. »
« Va t’en. »
« Je suis désolé. »

Ces quelques phrases vont donc s’enchainer, pour laisser place à cinq histoires radicalement différentes les unes des autres.  Science fiction, espionnage, action, aventure, ou simple scène poétique… Véritable exercice de style, avec du bon matériel et une bonne réalisation. Que demandez de plus ? (Qu’on vire la pub avant chaque court métrage ? Oui, en effet ça serait bien)

En tout cas, une initiative originale qui mérite un petit coup d’oeil.

Pour voir « La chasse », « La chambre noire », « Le cadeau », « Le secret de Mateo » et « Jun et les cieux cachés », allez faire un tour par , choisissez la qualité puis la taille, et enfin, prenez l’une des cinq bobines. (Et n’oubliez pas « passer l’intro » dès que possible)

Wanderlust

Wanderlust

S’il y a bien un mot dont je suis jaloux, c’est celui-là. L’anglais est assez pauvre de manière générale, mais avoir un mot qui à lui tout seul veut dire « soif de voyage », je trouve ça beau (bon, en même temps, venant d’un peuple de navigateurs, on comprend que l’envie de mettre les voiles méritait un mot à part entière… Surtout quand on voit le temps en Angleterre, bref passons).

Je sais qu’on m’entend souvent me plaindre, notamment de mon manque de racines. Mais si je veux tendre à un peu d’objectivité, il faut aussi que je parle de l’aspect positif de mon bringueballement constant. Parce que quand j’y pense, j’ai vécu déjà pas mal de choses en dehors de mon pays, des petits évènements qui font que, quoiqu’il arrive, je suis content d’être passé ici bas. J’aime bien me représenter ça sous forme de fragments… Hors de France, j’ai donc,

notamment,

dansé sous une lune rousse au rythme des vagues sur une plage de Crète,

survolé le Grand Canyon en hélicoptère,

assisté à une messe de Jean-Paul II au Vatican,

reconnu les figures célèbres de Mme Tussaud,

arpenté un marché aux épices en Guadeloupe,

traversé la Vallée de la Mort sous une tornade en formation (emportant 12 touristes français le lendemain, si bien que nos familles en France pensaient qu’on était morts pendant quelques jours)

manifesté dans le quartier rouge d’Amsterdam,

été impressionné par les souffleurs de verre de Murano,

fait de la marche sous-marine en scaphandre dans l’océan Indien,

exploré les réseaux sous-terrains de Montréal,

vu les pyramides d’Egypte,

marché dans les ruines de l’acropole d’Athènes,

célébré le 4 juillet dans l’Amérique profonde,

fait du canyoning en Jamaïque,

découvert les vestiges de la Rome antique,

dépensé des jetons à Las Vegas,

tenté d’apercevoir Elisabeth II aux fenêtres de Buckingham palace,

marchandé pendant une heure une paire de babouches à Marrakech,

cherché mon chemin dans un labyrinthe géant en Suisse,

traversé les forêts infinies du Canada,

posé mes pas sur les étoiles d’Hollywood Boulevard,

petit-déjeuné des omelettes au bacon à Londres,

pêché dans les Cyclades,

bu un dernier verre sous le soleil couchant du Mexique,

traversé à bord d’un 4×4 les sentiers de terre longeant les villages de République Dominicaine,

déjeuné dans un petit resto en bord de route en Belgique,

accepté les verres qu’on m’offrait à la gaypride à New York,

remonté le Nil en bateau,

regardé le soleil se lever en mangeant des donuts dans un grand road trip,

festoyé à Madrid,

(emmerdé à Barcelone, je plaide coupable XD),

pris un avion dix places pour regagner Key West,

longé les côtes cubaines,

assisté à une tempête à Boston,

pris le tramway de San Fransisco,

survolé la banquise,

vogué au fil des canaux de Venise,

barré à bord d’un catamaran, protégé par une barrière de corail au large de l’île Maurice,

admiré l’art florentin,

assisté à un match de baseball dans le Maine,

regardé les étoiles en pleine mer, sur le pont d’un vrai monstre marin

regardé la pluie sur le lac Powell,

Et tellement d’autres choses.

Et combien encore à venir !

Non, vraiment, quoiqu’il arrive, je ne serai pas déçu du voyage.

Rajouts à venir

Bon, comme vous l’aurez remarqué, j’ai écrit des tonnes de trucs entre hier et aujourd’hui. Voyons le côté positif : j’ai à nouveau envie de bloger et je me sens bien sur celui-ci. Bon, ok, surtout pour raconter des conneries, j’en conviens. Mais comme d’habitude, vous n’êtes pas obligés de tout lire, hein. (Bon, par contre si vous voulez commenter, ça peut être chouette, j’ai vu la mise en page des commentaires de ce thème récemment, c’est super joli !)

Donc, les petites idées de trucs qui viendront peut être s’ajouter ici :

- Du droit. Mwahaha. Mais probablement pas avant cet été, quand je me poserai un peu. Je vais avoir des recherches à faire, et mettre des petites synthèses ici pourra être sympa. J’ai constaté qu’il y avait essentiellement deux types de blogs sur le droit : ceux type « prises de notes » (des étudiants qui mettent leurs cours en ligne, au mépris du droit d’auteur…), ou des sites ultra-pointus que seuls nous, les juristes, on peut comprendre. Je me dis que quelques articles de temps en temps, pour couvrir une notion et l’expliquer avec des mots du langage courant, ça peut être intéressant.

- Peut être quelque chose sur les mèmes, notamment issus d’un site bien connu. Je sais qu’il y a déjà plein de sites qui font ça bien, mais je sais surtout que les gens qui viennent ici n’iront pas forcément chercher par eux-même.

- Très probablement, du jeu de rôles. J’avais créé une catégorie lors de la formation de ce blog, je ne m’en suis jamais servi encore, ce qui est fort dommage. Or, avec la sortie prochaine du Gamemaster Compendium pour Earthdawn, et Eclipse Phase qui traine dans les cartons, j’ai très très très envie de vous gonfler avec tout ça.

- De la photo. Histoire de poser quelques notions essentielles. Ah, au fait, pendant que j’y pense : sauf mention contraire (ou lorsque c’est évident, type affiche de films, etc), je rappelle que toutes les photos de ce blog sont de moi, et donc soumise à mon droit d’auteur. Si vous voulez les utiliser (même comme fond d’écran), je préfère être au courant (d’autant que je pourrai en fournir des versions de plus grande taille, voire avec les modifications que vous voulez).

Voilà voilà. Et toujours les trucs qui me passent par la tête, donc.

IMG_3411

Tuto du Raw

Je vois que pas mal de monde arrive sur ce blog en recherchant des infos sur le Raw (à cause de cet article).

Qu’on soit clair : le RAW est un format, au même titre que le MP3 ou ou le DOC. Si on peut expliquer son principe, il est incorrect de parler de « tutoriel » au sens propre : chaque logiciel permettant de lire le RAW dispose de ses propres mécanismes et possibilités.

Comme le sujet intéresse, revenons dessus :

- Le RAW est un format d’enregistrement non destructif pour les images. En gros, au lieu d’enregistrer « le pixel A est bleu, le pixel B est bleu un peu plus jaune… », pour chaque pixel,  tous les paramètres reçus par le capteur de votre appareil sont conservés.

- L’inconvénient : le poids. Plus il y a de pixels, plus il y aura de données à enregistrer, et le poids des fichiers RAW est impressionnant (plus de 13 Mo pour mes RAW à 5M de pixels, contre moins de 2 Mo pour les mêmes fichiers en jpg : quand on se fait une petite session et qu’on revient avec 100 photos, il vaut mieux avoir de la place sur le disque dur).

- L’avantage : comme vous avez les données brutes de l’appareil, vous pouvez faire le post-traitement comme vous le sentez. Les possibilités sont infinies : contraste, luminosité, teinte, saturation (canal par canal), vignettage, récupération, netteté, balance des blancs…

Ca simplifie la prise de vue (à part les ISO, l’ouverture et la vitesse, et évidemment la mise au point, il n’y a rien à régler), et ça permet d’obtenir précisément l’image que l’on voulait.

Maintenant, comment faire ?

- Il faut un appareil qui permette d’enregistrer en RAW, et le configurer pour qu’il le fasse. Généralement, c’est facile à trouver dans les options de votre boitier. Faites juste attention : c’est plus lourd, et ça va limiter votre mode rafale à un certain nombre de clichés.

- Il vous faut ensuite un logiciel capable de développer votre RAW. Et c’est là que les choses se compliquent, car chaque logiciel a ses spécificités. Pour ma part, j’utilise Lightroom (oui, ça a un coût, mais si vous vous lancez dans la photo, entre les boitiers, les objectifs, les cartes… Il fallait s’y attendre). Si vous voulez des tutoriels sur le RAW, vous devriez plutôt chercher des tutoriels sur les logiciels que vous compter utiliser, car chacun a ses particularités.

Je ferai peut-être un tuto spécifique pour Lightroom, mais je doute : il y a déjà bien assez de choix sur le net, et tout se règle de manière transparente en jouant sur les boutons (ou avec l’histogramme, qui présente la répartition de chaque couleur, le but étant en général d’avoir une répartition harmonieuse).

Bref, en un mot comme en cent : il n’y a pas de tutoriel pour le Raw. C’est un format, et le meilleur moyen d’apprendre à le manipuler est de s’entrainer avec les logiciels adaptés, en tripotant un peu tout jusqu’à obtenir quelque chose de correct.

Une fois fait, il faut exporter l’image dans un format plus exploitable (comme le jpg), afin de l’utiliser et le partager facilement.

Cependant, si d’aventure quelqu’un recherchant des infos à une question spécifique tombe sur ce blog, je me ferai un plaisir d’y répondre (dans la mesure du possible, évidemment), alors n’hésitez pas ;) .

Shutter island

Shutter Island

- You know, this place makes me wonder.
- Yeah, what’s that, boss?
- Which would be worse, to live as a monster or to die as a good man?


Je me rends compte que je n’avais pas fait de critique pour Shutter Island, l’adaptation par Martin Scorsese du roman de Dennis Lehane. Je vais réparer cet oubli, peut-être de manière un peu rapide.

Martin Scorsese propose un nouveau rôle à sa dernière égérie : après Gangs of New York, Aviator, Les infiltrés, Léonardo DiCaprio confirme une fois de plus que ses années « icône pour midinettes » sont loin derrière.

Dans les années 50, Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio, donc), U.S. marshal, vogue avec un nouveau compagnon de route, le marshal Chuck Aule, vers Shutter Island, une prison-asile pour retrouver une patiente ayant réussi à s’échapper d’une chambre sans fenêtre, fermée de l’extérieur. L’occasion de faire la connaissance de l’équipe médicale, à la tête de laquelle un intrigant psychiatre, prônant une nouvelle approche de sa discipline… Rapidement, on comprend que la brumeuse Shutter Island renferme bien des secrets, et que Teddy n’est pas venu là par hasard, mais pour mettre en lumière une conspiration en lien avec les nazis (bigre !).

L’intrigue se noue, et l’ambiance oppressante des lieux rappellera les bonnes parties de Cthulhu. Scorsese confirme qu’il sait diriger un film, en nous proposant des plans, des dialogues et une bande-son parfaitement maitrisés. L’amateur technique en aura pour son argent !

L’amateur de bonnes ambiances oppressantes, idem.

Evidemment, rien à redire sur les acteurs !

Quant à l’histoire… La suite n’est à lire que si vous avez vu le film. Pour les autres, je me contenterai de dire que c’est un film qui vaut le coup d’oeil.

ATTENTION SPOILERS

***

Bon, je vous fais confiance, hein. Une amie m’avait un peu gâché le twist final, en me disant -en substance : « J’ai très rapidement compris. » Quand on a vu un certain nombre de films « twistés », on fait attention à ces petits détails, des petites phrases qui semblent obscures ou qui se lisent à deux niveaux. Le doute aurait pu rester entier, si je n’avais pas su qu’on pouvait deviner le twist rapidement (le coup de la conspiration nazie aurait été crédible également). Malgré cette conviction forte, le film est prenant et ne manque pas de nous embarquer. On garde malgré tout quelques surprises, et la chute à elle seule vaut son pesant de pop-corn : Teddy a compris qu’il avait nié la réalité, tué sa femme, et sait parfaitement qu’il aura droit à sa petite lobotomie (en passant, il s’agit d’une pratique utilisée de très longue date en médecine, et qui est encore envisagée en dernier recours pour faire passer un patient dangereux à l’état de légume). C’est donc en parfaite connaissance de cause qu’il joue la comédie, simule une rechute, et se livre de lui-même à ses bourreaux.

Un film prenant, mais pas exceptionnel pour autant. Dommage !

L'arnacoeur

L’Arnacoeur

Comédie romantique française, avec Vanessa Paradis et Romain Duris, un titre avec un jeu de mot pourri, … Ca faisait déjà cinq bonnes raisons de ne pas aller le voir. Six, si on compte la bande-annonce.

A la base, je comptais aller voir autre chose, mais j’avais sous-estimé le nombre de personnes allant au cinéma le samedi soir (je pensais que c’était juste « énormément », pas « toute la ville »), tant et si bien que je suis arrivé trop tard aux bornes automatiques (quelle idée d’avoir dit aux gens qu’elles existaient, surtout sans leur avoir appris comment ça marchait… Les abonnés devraient avoir une borne juste pour eux, hop on met la carte, hop on prend la place), et le seul film acceptant de me laisser entrer sans payer un surcoût (Alice en 3D, non merci), c’était L’Arnacoeur. Trop envie de ciné pour faire demi-tour, j’ai tenté d’oublier L’Âge d’homme et de me focaliser sur L’auberge espagnole.

Gardons donc en tête que c’est un film pour lequel je n’avais AUCUNE attente. J’ai été agréablement surpris.

Pour son premier long métrage, Pascal Chaumeil nous fait découvrir Alex (Romain Duris), « briseur de couples professionnel », qui travaille avec sa soeur et son beau-frère. Leur but est de montrer à des femmes qu’elles sont malheureuses en couple, en leur faisant rencontrer « de manière fortuite » le grand coup de foudre via Alex, en séducteur caméléon de l’amour. Par principe, ils acceptent seulement d’ouvrir les yeux à des femmes malheureuses mais qui l’ignorent. Mais ils vont devoir faire une croix sur leur choix moral à cause d’une montagne d’impayés, et accepter le contrat le plus difficile de leur carrière : briser le couple de Juliette (Vanessa Paradis) et Jonathan (Andrew Lincoln), véritable prince charmant des temps modernes. Le tout en moins d’une semaine. Et avec des créanciers musclés sur le dos.

Avec un pitch comme ça, pas besoin d’aller dans la salle pour savoir où on nous emmène… Et pourtant !

Et pourtant, le film est léger, frais, loin des comédies françaises du même genre. On est dans la démesure, et les situations rocambolesques se laissent suivre avec plaisir (je me suis même surpris à rire, ce qui n’était pas gagné en entrant dans la salle !).

Personnages bien caricaturaux mais attachants, comique de mots et de situations qui parvient à éviter les lourdeurs du genre, et plutôt pas mal côté montage. Evidemment, ce n’est pas le film de l’année, mais ça reste un divertissement tout à fait plaisant. Que j’irai même jusqu’à recommander, finalement.

Quand l'ombre

Quand l’ombre menaça…

Quand l’Ombre menaça de la fatale loi,
Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres,
Affligé de périr sous les plafonds funèbres
Il a ployé son aile indubitable en moi.

Luxe, ô salle d’ébène où, pour séduire un roi
Se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,
Vous n’êtes qu’un orgueil menti par les ténèbres
Aux yeux du solitaire ébloui de sa foi

Oui, je sais qu’au lointain de cette nuit, la Terre
Jette d’un grand éclat l’insolite mystère
Sous les siècles hideux qui l’obscurcissent moins.

L’espace à soi pareil qu’il s’accroisse ou se nie
Roule dans cet ennui des feux vils pour témoins
Que c’est d’un astre en fête allumé le génie.

Stéphane Mallarmé

J’avais le dernier vers en tête, fallait juste que je pose ça quelque part.