Archives pour juin, 2010
HDR avec Lightroom
26/06/10
Allez, il n’y a pas que les zombies dans la vie, il y a la photo aussi.
Voici donc mon petit tuto pour faire du HDR avec Lightroom. Ok, je doute que ça intéresse beaucoup de mes lecteurs, car ça demande déjà un certain matériel pour le réaliser :
- Un appareil prenant des RAW*
- Lightroom*
- PhotomatixPro (version d’essai pour se faire les mains, comme moi ici)
* On peut faire sans, mais c’est plus confortable ainsi. Si vous comprenez le principe, vous pourrez passer outre, ou utiliser d’autres logiciels.
Mais bon, sait-on jamais… Et puis, par simple curiosité intellectuelle, ça peut être intéressant.
Donc le HDR, qu’est ce ? Si je vous dis « High dynamic range », ça ne va pas beaucoup vous aider. En gros, quand on prend une photo, il n’est pas toujours possible de saisir toutes les nuances : si on veut avoir le détail des zones ombres, il faut faire une mise au point sur des couleurs sombres, perdant ainsi toutes les nuances dans les blancs. Et vice versa. Faire une mise au point sur une zone intermédiaire (un gris « moyen », ni trop clair ni trop sombre, par exemple), c’est perdre aussi une grande partie des détails d’une photo (même si normalement, c’est quand même ce qu’il faut faire).
Le HDR, ça consiste à prendre trois photos (une « normale », une sous exposée, et une surexposée, afin d’avoir à la fois les teintes générales, les détails dans les noirs et dans les blancs), puis de les combiner en une seule qui sera détaillée dans ses moindres recoins. C’est la technique utilisée par la plupart des photos qui semblent « plus belles que la réalité ».
Le problème, c’est qu’il faut normalement prendre trois photos parfaitement identiques avec des réglages différents, ce qui nécessite un pied, et un sujet parfaitement immobile.
Mais grâce au RAW, il est possible de s’en sortir sans trop de perte avec une seule image. Démonstration.
1) Tout d’abord, prendre une photo, correctement exposée, avec des zones sombres et d’autres claires
Voilà, vous pouvez cliquer dessus, elle est globalement bien exposée, mais le ciel manque singulièrement de nuances.
2) Obtenir les versions sur et sous exposées
A l’aide de Lightroom, modifier l’exposition pour obtenir +3Ev et -3Ev. C’est très simple avec ce logiciel (dans l’onglet « Développement », jouer avec « Exposition » pour mettre à +3 puis -3), mais vous pouvez obtenir des résultats similaires avec la majorité des logiciels de retouche d’images.
L’avantage : comme on part de la même image, on sait qu’il n’y a rien qui a bougé entre les trois versions. L’inconvénient : on perd quand même un peu dans les détails par rapport à une prise de trois photos successives.
3) Obtenir l’image HDR
Il va maintenant falloir mixer ces trois images. Pour cela, il suffit d’ouvrir nos trois photos dans Photomatix, d’ajouter les filtres qui nous intéressent (anti-bruit, par exemple), de donner les valeurs Ev de nos images (-3, 0 et 3), puis de générer l’image. Il faut ensuite passer par la case tonemapping, pour essayer différents réglages jusqu’à obtenir une image à peu près correcte.
Ca ne saute pas forcément aux yeux de prime abord, mais on a énormément gagné en détails dans les hautes et basses lumières. On notera également que comme j’utilise la version trial de Photomatix, le logo du logiciel s’est rajouté au milieu de l’image…
Cette version est loin d’être « la meilleure possible », j’ai voulu faire cet essai rapidement et je ne maitrise pas encore très bien ce logiciel. Toujours est-il que cette version est maintenant prête pour un dernier passage par Lightroom, afin de régler quelques détails…
4) Finitions sous Lightroom
A vous de voir selon vos envies. Ici j’ai diminué un peu l’exposition et la température, puis j’ai augmenté encore la récupération. J’ai augmenté les noirs et joué sur les contrastes, et désaturé le bleu.
Et voilà l’image après quelques réglages usuels…
Et voilà, vous avez toutes les indications pour essayer à votre tour (ou au moins pour comprendre comment ça marche et reconnaitre des photos HDR quand vous en verrez dans les magazines). Il est possible de faire mieux, évidement, mais c’est déjà un bon début. A vous de jouer sur les réglages, sur le pas (prendre 5 photos au lieu de 3), etc.
Entre deux zombies, réconciliation d’un citron
24/06/10
Je raccroche les wagons. Ce n’est pas une technique de drague belge (si vous la comprenez, j’ai honte pour vous), mais ce sont les seuls mots qui me viennent pour définir ce que je fais en ce moment de mes journées. En plus des dossiers, je veux dire. Je retrouve la continuité de ma vie, j’arrive à faire le lien entre ce que j’ai été il y a fort fort longtemps et ce que je suis. Je retrouve la même sensibilité par rapport aux choses, je reprends la mesure de ce qui m’entoure.
Je ne sais pas trop à quoi c’est lié, j’ai plutôt l’embarras du choix : avoir « fini » mes études (certes, il y a la possibilité d’un M2, d’un DJCE, des concours… Mais globalement si je veux, je peux arrêter aujourd’hui et commencer le « vrai » travail), passer beaucoup de temps à jouer à des jeux vidéo « comme à l’époque » (et redécouvrir d’anciens titres, d’ailleurs), ne plus me minuter comme ça a pu être le cas ces dernières années (je peux m’autoriser des trucs débiles du genre : « tiens, si j’essayais de faire cette chanson d’une heure vingt avec Beat Hazard ? » sans culpabiliser), ne plus penser avec d’autres organes que mon cerveau (je sens que ce point appelle commentaire : à l’époque, je pouvais couler mes jours sans me demander où j’en étais sentimentalement ; puis arrivé en médecine et en droit, ça a pris une part importante dans ma vie, au point d’en perdre de vue l’essentiel, ce que représente la complétion tirée de la rencontre d’une altérité et l’indépendance de la relation qui en découle… Ouais, je sais, ça ne vous parle pas, mais moi oui, c’est l’essentiel). C’est peut être simplement la couleur du ciel de juin, en fin d’après midi, qui me rappelle l’époque bénite où je rentrais de l’école ou du collège sans rien de plus à faire que prendre du temps pour profiter. Peut-être de sentir un « groupe » d’amis plutôt que des amitiés disparates. Ou le fait de retomber dans Prodigy et certaines sonorités qui me renvoient à mon passé. Voire encore le fait de suivre une série « pour jeunes » (et de me rappeler celles qui passaient dans K2DA et l’émission d’avant, avec Donkey Kong ; ces séries étaient plus profondes qu’il n’y parait, car s’adressant à des adolescents, elles se devaient à la fois d’aborder des thèmes clés que l’on rencontre tous dans notre construction personnelle, et une originalité patente liée au public rationnel mais ouvert à l’imaginaire auquel elles s’adressent).
Comme vous le voyez, ce ne sont pas les raisons qui manquent. Ca fait bizarre de renouer avec tout ça, et de ressentir à nouveau les choses « comme avant ». D’autant plus difficile que je manquerais probablement d’exemples tangibles pour l’expliquer clairement si on me le demandait. C’est quelque chose de très général, mais de positif, qui me donne envie de repartir à nouveau de l’avant, encore plus loin, tout en emportant sous mon bras le paquetage de la somme de ce que j’ai été jusque là.
Voilà voilà, j’avais juste envie de dire ça, en fait : tout va bien, et tout s’améliore.
Dites, pendant que j’y suis : un « liveblog » sur la survie après une invasion de zombies (pas avant 2011 même si je le fais), ça vous tente ? XD
Zombie Wars (War of the Living Dead)
23/06/10
Je vous parlais hier de la différence entre navet et nanar. Cette fois, c’est un bon navet, tout en premier degré, datant de 2006, et produit par le Canada (comme hier).
Ce n’est pas parce qu’il y a un atelier bondage en début de film que je vais en dire du bien
Taille : catégorie 4 (le monde entier).
Environnement : rural, étrangement.
Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés : mention explicite que ce sont les morts qui se sont relevés. Pas d’infection pour une fois !
Groupe principal : un petit groupe « central » (2 d’un côté, 3 de l’autre) avec beaucoup d’autres survivants qui accompagnent.
Estimation des moyens du film : 1000€, en incluant le prix de la caméra et les vêtements… Et encore, il y a de quoi payer une caisse de champagne à la fin du tournage.
L’histoire : 50 ans après l’apparition des premiers zombies, l’humanité tente de survivre. Dans un bâtiment fortifié ? Sur un point stratégique ? Non. Les humains plantent leur campement en pleine savane, là, dans une clairière sans visibilité, et n’organisent pas de tour de garde. Du coup, les zombies attaquent quand ils veulent, pas de souci ! Ils ne s’en privent pas, et font prisonnier David et « Star », une blondasse élevée par les zombies comme future nourriture, qui venait à peine d’être délivrée.
Si au moins David s’était appelé Ringo…
On notera que si les zombies ne leur ont jamais appris à parler, ils leur ont par contre offert la teinture blond platine (je ne dis pas ça pour Star, mais l’une des délivrés est franchement poussin dans son genre). David et Star sont conduits dans une ferme construite par les zombies, où ils rencontrent Silver, qui n’a pas du tout la tête d’un traitre (QUOI UN TRAITRE, TU AS VU UN TRAITRE TOI PEUT-ÊTRE ?).
Mais quel talent dans le jeu d’acteur !
En effet, en découvrant qu’il y a du savon à la ferme des zombies, David ne manque pas de se dire que jamais des zombies n’auraient pu y penser tout seul, et que quelqu’un chapote un peu tout ce qui est « élevage d’humains » en territoire savane (vais-je trouver un jeu de mot avec « papi Brossard » d’ici la fin de l’article ?). Et par son intelligence fulgurante, il arrive à comprendre que Silver est l’agent de liaison… Mais plus fort encore, il va réussir à le retourner contre son maître. Qu’il est fort, ce David.
Tellement fort qu’il prend aussi l’initiative de faire une carte non pas du campement, mais de comment y accéder. Et là, je reste pantois, car à moins d’avoir eu le temps de faire de la reconnaissance quand il a été capturé, je ne vois pas trop comment il peut connaître les détails topographique de toute la région. Bref, il met cette carte sur un zombie qui sort régulièrement, afin que lorsque ses camarades de la résistance tomberont dessus, ils trouvent la carte avec (maaaalin !). Et pour être bien sûr que c’est lui, il met ses « initiales, que toute la rébellion connait ». Moi tant qu’à faire, je mettrais mon nom complet, surtout quand en fait, je m’appelle JUSTE David.
OMAGAD, IL Y A UN D, C’EST UN MESSAGE DE DAVID, LE DAVID ! Hum, une ferme, elle est au milieu des arbres : je connais l’endroit !
Car de l’autre côté, il y a la rébellion. Une vingtaine de péquenots qui n’ont pas encore compris comment se protéger efficacement (heureusement que les zombies sont lent et meurent au moindre headshot). En fait, on verra surtout la Générale (qui a la voix de Jane Shepard dans Mass Effect, il me semble, non ?) et le frangin de David, dont le nom m’échappe. Mais ils sont super forts, tous les deux (déjà parce qu’ils arrivent à comprendre les messages secrets de David). On appréciera beaucoup le final, car après la mort de David, Star, qui était tombée enceinte, a pondu un moutard « qui mènera peut être l’humanité à la victoire » (John Connor effect).
Bonjour, je joue mal mais on voit mes tétons, alors STFU.
Un jour, je sauverai l’humanité entière. Mais pas demain, c’est Playmobil.
Film canadien de 2006, Zombie Wars accuse un retard d’au moins vingt ans niveau technique. Les musiques tombent bien à plat (allez Régis, magnéto, c’est la séquence émotion, sors les violons !). Deux trucs à peu près potables : le générique de début et le générique de fin. Tout le reste est moisi. Les zombies sont über bien maquillés, un mec élevé par les zombies a un sourire éclatant (David s’étonne qu’il y ait du savon, mais le dentifrice aurait pu lui mettre la puce à l’oreille…), les méchants humains qui collaborent avec les zombies n’ont pas un motif spécialement pertinent, et la confrontation est pour le moins risible. Jeu d’acteur, on va du très mauvais à l’exécrable.
Bref, il n’y a rien à sauver, même en étant gentil. Si au moins on avait l’occasion de s’esclaffer un peu, pourquoi pas, mais là, juste « non ».
Mad Zombies (The Mad)
21/06/10

Moi aussi j’ai joué dans un groupe quand j’étais au lycée. On faisait du punk-rock-neo-gothique.
Mad Zombies (The Mad en VO, de 2007) est un nanar. On ne le répétera jamais assez, le nanar n’est pas un navet : oui, tout y est exécrable, mais oui, c’est fait exprès. Ce qui est fait pour être drôle est tellement nullissime que c’en est effectivement drôle. Ce qui est fait pour être stressant est aussi terriblement nul. Résultat, on passe son temps à rire à condition de tout prendre au 10 000ème degré.
Comme d’habitude maintenant, ma fiche rapide d’infos utiles.
Taille : catégorie 1.
Environnement : rural, un motel et une ferme.
Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés : il y a même un grand débat entre nos survivants pour savoir si ce sont ou non des zombies (ça fait du bien pour une fois dans un film sur le sujet que les personnages comprennent rapidement à quoi ils ont à faire et connaissent leurs classiques). Ici, c’est un peu particulier : l’infection a pour vecteur de la viande infectée (ou des steaks carnivores).
Groupe principal : 5
Estimation des moyens du film : du bon vrai nanar, donc encore moins que pour La Horde.
Allez, l’histoire, vite fait. Un médecin (le mec dépité à droite sur cette photo de groupe), végétarien et fan de musique des 90s, part en week-end avec sa future nouvelle épouse, sa fille et le petit copain de cette dernière. Ils s’arrêtent dans un petit village typique, quand soudain, les clients du resto où ils font une pause commencent à s’entrebouffer.
La cause de l’infection : la viande est contaminée par des produits chimiques dans la nourriture du bétail… C’est surtout l’occasion pour un bon gros n’importe quoi des familles.
Un harpon et une raquette de tennis comme arme principale.
Si vous aimez la cohérence, passez votre chemin. Si vous aimez les comédies, idem. Il s’agit là d’un pur humour de nanar, c’est particulier… Difficile de faire plus lourd et mal dosé (je n’ai pas dit vulgaire, hein). Et attention, pour bien coller au genre : le film est gore.
Ok, cette critique n’est pas très inspirée, mais honnêtement, il n’y a pas grand chose à en dire : le film tourne sur peu de moyens mais bien exploités, des dialogues débiles qui peuvent survenir à n’importe quel moment qui donnent à la fois envie de jeter le film par la fenêtre et de se prendre un fou rire… Il remplit parfaitement son objectif nanarisant.
Allez, un petit exemple de dialogue :
La Horde
17/06/10
Rock’n'roll, baby !
Un film de zombies français ! Assez rare pour être souligné, et donc vu, et donc commenté avec amour et petite fiche signalétique.
Taille : infection de catégorie 1 pour ce qui nous intéresse, mais ça ressemble au moins à du 2 ou 3 en fait.
Environnement : urbain : un HLM en banlieue parisienne
Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés : difficile à dire, pas de sujet zéro, pas d’explication, mais ça ressemble plus à du zombie.
Groupe principal : pas mal pour le genre et fluctuant, souvent 6 personnes, mais pas toujours les mêmes…
Estimation des moyens du film : amateur avec une bonne caméra. Sans rire, le budget doit tenir en gros à l’équipement pour filmer, quelques armes d’airsoft, de la sauce rouge, et beaucoup de bonne volonté.
Le petit pitch qui fait pshit : un policier a été tué par des jeunes de banlieue, Seine St Denis représente. Une escouade de flics décide d’aller se faire justice, pour déboiter la tête des gangsta qui résident au dernier étage. Ca tourne mal, et alors qu’ils commencent à s’entretuer, les zombies commencent à attaquer (sans même hurler « braaaaaains » ; Son, I am disappoint). Il va falloir coopérer. Pour… ? Euh, déjà sortir de l’immeuble, a priori (alors que si on est dans une catégorie 3 et dans une position aussi stratégique que le sommet d’un immeuble barricadé avec des vivres et des armes, le mieux à faire est de commencer à installer un camp fortifié ; faut vraiment tout leur apprendre, hein !).
IM IN UR BASE BREAKING UR DOORZ
Bref, notre fine équipe veut mettre les voiles, et les alliances vont évoluer au fil de la partie et des morsures. On notera que les zombies sont ici particulièrement résistants (enfin ça dépend des moments, sur la fin une balle dans la tête suffit alors qu’au début il faut mettre le paquet), même si le corps à corps reste une option. On a droit à de jolies variations, par exemple : tout le monde est poursuivi dans un couloir, le gros du groupe arrive à passer et referme la porte derrière. Un seul est resté en arrière, et deux zombies lui tombent sur le râble. « Il faut aller l’aider ! » s’égosille l’un des survivants. « T’inquiète pas pour lui », lui rétorque son comparse. Et là, vlan, on voit le solitaire commencer à tabasser les zombies à la main, finir par les dessouder à l’ancienne, et franchir à son tour la porte. Il y a de l’idée.
Si les personnages ont tous un petit quelque chose pour les différencier (pas toujours pour le meilleur, remarquez), je tiens à souligner tout spécialement la prestation de Yves Pignot.
Un acteur qu’il est bon, pour un personnage haut en couleurs, René. Aperçu du bonhomme : un vieux bourrin en marcel dégueulasse qui tranche le zombie à la hache à deux mains en enchainant picole, remarques lubriques et souvenirs du Viêt-Nam. Ok, heureusement qu’il apporte du punch à l’équipe qui serait un poil morose en dehors de ça.
Bon, je n’ai pas envie d’être méchant avec La Horde, pour une raison simple, c’est qu’on frôle l’amateurisme, et que dans cette catégorie, le film a assez de bonnes idées pour mériter le coup d’oeil. Et puis pour une fois que les dialogues ne font pas « anglais traduit », avec des références culturelles bien de chez nous (voire du terroire si on aborde le cas de René). Si on devait être objectif, c’est gore, pas toujours bien maitrisé, les personnages sont très inégaux et la trame laisse un peu pantois. Sans compter sur les dialogues, pas toujours bien maitrisés. Et LE reproche : pas du tout de progression dans l’apparition des zombies : hop ils ne sont pas là, hop ils sont partout. Et je ne parle pas de la fin, qui est plutôt moisie de chez moisie.
Mais voilà, c’est de la série Z avec de petits moyens, et quelques scènes qui valent le coup. Alors pourquoi bouder son plaisir ? Bon, pas de quoi avoir envie de le revoir, cela dit, mais à l’occasion, un jour de pluie, si vous vous ennuyez…
Kane & Lynch Dead men : premières impressions
17/06/10
J’avais acheté le pack Eidos lors des promos de Noël Steam, pack contenant Kane & Lynch. J’étais passé à côté à l’époque (2007), mais j’avais bien envie de tester ce titre de IO Interactive (les heureux parents de Hitman). Descendu par la critique, j’avais passé la main un peu vite. Mais comme je fais une petite pause dans la série des Metal Gear Solid (avant de reprendre le 3), et ayant vu le trailer du 2 durant cet E3 2010, je me suis dit qu’il était temps de l’installer et d’y jeter un oeil par moi-même (surtout en sachant que la durée de vie était eeeeextrêmement réduite).
Le jeu débute par la lecture de la lettre d’adieu que Kane, ancien mercenaire, a écrit à sa fille : condamné à mort, il s’apprête à passer à la chaise électrique. Mais le convoi qui devait le conduire vers sa dernière demeure est attaqué, l’occasion de rencontrer Lynch, un co-détenu avec une coupe de cheveux à tomber, visiblement à l’origine de ce petit retournement de situation. S’ensuit une folle poursuite, où Kane se contentera de suivre Lynch et ses alliés en tentant d’échapper à la police. Et là, en tant que joueur, on en prend plein la gueule d’entrée de jeu : c’est beau (même trois ans après), l’action est omniprésente, ça explose dans tous les sens, les mercenaires venus secourir Kane tirent à tout va, les policiers arrivent de tous les côtés, envoyant des lacrymos (que l’on peut renvoyer) et des hélicos. On ne sait pas trop où on va, on se contente de suivre le groupe et de canarder. On finit par déboucher dans un petit coffee shop à deux pas d’un aéroport, où, assiégés par le SWAT et la police, Kane et Lynch doivent tenir en attendant le véhicule d’extraction.
Pourquoi ? Kane ne tarde pas à le savoir, puisqu’il est conduit, pieds et poings liés, devant ses ex associés, « les Sept », qui l’accusent d’avoir volé des diamants et de les avoir laissés pour mort. Ils veulent que leur bien leur soit rendu, et pour s’assurer de la coopération de Kane, ils ont enlevé sa femme et sa fille, qu’ils n’hésiteront pas à tuer si Lynch ne leur donne pas des nouvelles toutes les 24 heures. En gros : il va falloir retrouver le butin, et coopérer avec un fou furieux.
En effet, si Kane est un mercenaire ayant roulé sa bosse dans les bas fonds de la pègre, Lynch est quant à lui un sérieux dérangé en prise à des crises de fureur s’il ne prend pas régulièrement ses médicaments (et il oublie souvent de les prendre). On s’en rend compte très rapidement, puisqu’il n’hésitera pas à liquider les otages en pleine négociation parce qu’il trouve que les choses s’éternisent.
S’il faut composer avec lui, son aide n’en restera pas moins précieuse, puisqu’il peut à tout moment nous refiler des munitions si elles viennent à manquer, ou, plus important encore, nous faire une piqure d’adrénaline si on vient à tomber au combat. Et il vaut mieux, car une balle de sniper, et c’est la fin. Il faut donc toujours faire attention à bien garder son coéquipier non loin, aussi dérangé soit-il.
En plus de ce duo, d’autres personnages vont venir prêter main forte, pour des missions très variées et très action : braquage de banque, prise d’otages, infiltration musclée, évasion d’une prison… Pas question de faire dans la dentelle : des vies sont en jeu, et des vendettas vont s’ajouter. Ni Kane ni Lynch ne s’encombrent de principes moraux, et il risque fort d’y avoir des victimes civiles. C’est peut être le seul jeu où elles ne sont pas comptabilisées en malus : après tout, même dans GTA, tuer un « innocent » attirera l’attention des forces de l’ordre. Ici, les forces de l’ordre en ont de toute façon après notre tandem, et ils se trouveront parfois dans la ligne de mire. Par exemple une mission consiste à aller « parler » avec la gérante d’une boite à Hong Kong, mais la-dite boite est bondée, et quand les choses tourneront mal, il faudra se frayer un chemin au travers d’une véritable marée humaine tout en éliminant les sbires des yakuzas : il est impossible d’avancer et de se défendre à moins de tirer pour provoquer un mouvement de panique, mais il est très improbable de s’en sortir sans victimes civiles.
Il n’est pas rare non plus que les personnes à terre ne soient pas complètement mortes, mais se contentent d’agoniser en vous suppliant de leur laisser la vie sauve. Bref, le jeu n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains.
Ambiance survoltée, personnages bien noirs, action omniprésente… On enchaine les scènes d’anthologie, même si quelques petits problèmes viennent entacher le tout : l’IA n’est pas au top, avec des ennemis qui ont des comportements quelque peu surprenants. D’autre part, la durée de vie n’est pas énorme (mais qu’importe ? Vu la variété des scènes d’action, ça doit être plaisant à rejouer). Et certaines scènes semblent un peu rigides, demandant de s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre le truc.
A part ça… Vraiment un excellent soft, injustement boudé par la critique. Ca fait du bien de jouer du côté obscur, avec des personnages ayant un peu de bouteille (et des cheveux qui tombent), tout en se sentant dans un grand film d’action type Heat, Usual Suspect ou Reservoir Dogs.
Allez, un peu de vidéo pour finir :
- Un petit trailer du 1 pour poser l’ambiance :
- Une petite mise en bouche du 2, à paraître prochainement :
Brèves d’E3 2010
15/06/10
Bon, Twitter semble avoir un peu de mal à suivre, donc autant les mettre ici :
- Ubi prépare un nouvel opus avec ses lapins fétiches. Pas d’info pour l’instant pour savoir si ça sera un party game ou un jeu d’aventure comme le précédent, mais un petit trailer :
- Kane et Lynch sont de retour. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un jeu IO Interactive (licence des Hitman) fortement inspiré par le cinéma, nous permettant de camper un mercenaire et un psychopathe. Donc ça fait dans la dentelle, évidemment. PEGI 18, quoi…
(et je passe la main pour Assassin’s Creed 3, avec visiblement une confrérie de tueurs à gage lémuriens, le trailer m’ayant laissé un peu pantois : pourquoi assassiner tous les gardes alors que la cible prioritaire serait si simple à atteindre ?)
E3 2010 : Microsoft lorgne du côté de Nintendo
15/06/10
Voilà voilà, pour ceux qui ne le savent pas, l’E3 (de moooon temps, on vous aurait pendu pour ne pas avoir prononcé « i cioube », mais « euh trois » semble définitivement entré dans les moeurs) s’est ouvert comme tous les ans à L.A. Bien qu’il y ait d’autres salons de jeux vidéo, l’E3 est LE salon, celui pour lequel 99% des grosses annonces sont faites.
La première grosse conférence a été donnée par Microsoft, et on ne peut pas dire que le public ait semblé très enthousiaste. Au menu des annonces sans surprise, on trouve du fps classique et sans âme, ou encore Peter Molyneux venu nous annoncer que « en fait Fable II c’était bien, mais bon, là je suis vraiment allé au bout et je vais révolutionner le monde du jeu vidéo avec Fable III » (euh, tu ne l’avais pas déjà dit à l’époque pour Fable II ? Et Fable I ? Et B&W ? Et…).
Un peu plus enthousiasmant, on trouve une vidéo de Halo Reach, avec sa forte identité visuelle, ou encore Rising, le spin-off de la série Metal Gear mettant en avant Raiden, avec des environnements destructibles et une précision dans la coupe (et vive la pastèque)… Bon, pour être franc, je suis un poil sceptique sur Rising, à voir quand on en saura plus.
Mais le gros de la conférence portait sur Kinect, un ensemble caméra / micro permettant de repérer le joueur, ses mouvements et sa voix. Pas super au point pour l’instant, avec une grande latence et -il semblerait- un léger manque de précision dans la reconnaissance.
Bon, on passera sur la possibilité époustouflante qui permet d’aller sur Facebook, d’accéder à de la VOD (en tout cas sur ESPN, la chaine de sport américaine) ou de faire avance rapide sur son DVD en bougeant les mains comme dans Minority Report… Le but était surtout de présenter les premiers jeux à sortir. On a donc pu retrouver Wii Kinect Sports, Wii Kinect Fit, Nintendogs Kinect Animals, Just Dance Dance Central… Là encore, avis partagé : d’un côté, c’est du plus que déjà vu, d’un autre cette fois c’est totalement sans manette/balance board, et avec de zoulis graphismes.
Autre petite annonce : la X Box 360 Slim est dans les bacs, pour le même prix que l’ancienne, mais avec du wifi et 250 Go de disque dur. Et en plus petite, comme son nom l’indique.
On verra bien ce que ça donnera, donc, mais le public est resté plutôt froid (sauf quand Microsoft leur a annoncé le cadeau de fin de conférence : une Xbox 360 slim pour toutes les personnes présentes). Ce matin, conférence Nintendo, qui devrait annoncer sa nouvelle console portable, avec un écran large permettant de voir en 3D sans lunettes (puis conférence Sony ce soir, et les éditeurs tiers sur la durée).
The crazies
11/06/10
AVANT PROPOS : IL Y A DES MORCEAUX DE SPOIL DEDANS. Rien de méchant, mais ça pourrait vraiment vous gâcher la « surprise » si vous comptez le voir. Voilà, l’honnêteté me poussait à vous le dire, au cas où.
Comme vous vous en doutez, je compte poursuivre mes études par un master en vaudou à l’université des Caraïbes. Pour finaliser mon dossier, le Baron Samedi m’a demandé de regarder tous les films de zombies qui passent. Afin de bien remplir mon devoir, j’ai assisté à une séance de The Crazies pour en faire un compte-rendu.
Avant toute chose : aucun lien, ni avec Gnarls Barkley, ni avec un quelconque film canadien (oui, je sais qu’il y en a plein d’autres, mais le comique de répétition a ses limites).
Non, il s’agit d’un remake d’un Roméro de 1973, La nuit des fous vivants (hum, je viens de regarder la bande-annonce, et en fait je viens de décider de ne même pas me fatiguer à faire un lien vers YouTube). Bon, côté originalité, pas trop ça, mais… enfin allez, petite fiche avant.
Taille : infection de catégorie 2, petite ville de l’Iowa (je pique la nomenclature du Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks, dont je ne manquerai pas de faire la critique quand j’en aurai fini la lecture)
Environnement : rural
Rayez la mention inutile : Zombies / Infectés
Groupe principal : taille standarde (4 personnes)
Estimation des moyens du film : middle-low
(wesh-tas-vu, je suis pro et tout, maintenant)
« Waw, tu fais super bien la petite ville du mid-west ! ». C’est ce qu’on pourrait s’exclamer en voyant les lieux où vont se dérouler les évènements. On va suivre le shérif de cette charmante bourgade dans sa découverte progressive du fléau qui est sur le point de s’abattre en travers de sa tronche : une infection de la mort qui tue encore plus que les autres infections.
Mais le petit plus de The crazies : l’infection ne transforme pas en zombie classique. Alors, les différents stades infectieux (apprenez à les reconnaitre, ça peut vous sauver la vie) : dans un premier temps, le malade a des absences et une forte fièvre. Puis, tout en gardant ses facultés mentales, il sombre dans la démence criminelle, le poussant à commettre des homicides violents en usant de son esprit retors. Dans la dernière phase, alors que le patient peut sembler mort (ou pas), il devient juste super violent et tente de bouffer ce qui lui passe sous le regard.
La cause de tout ceci ? Une fois n’est pas coutume, c’est expliqué, d’ailleurs l’armée est au courant, et elle vient donner un coup de main… Vous avez déjà joué à Half Life ? La présence de l’armée et la gestion des civils apporte une petite touche d’originalité (pas si originale que ça vu que c’était dans la version de Roméro).
Technique, c’est bof. C’est du middle low budget, et c’est dommage : en général, quand le réal’ n’a pas les moyens, il compense par de bonnes idées ; quand il y a plein de sous, on en prend plein les yeux. Là c’est de l’entre deux : quelques scènes un peu spectaculaires, tout en restant un peu cheap, et rien de bien folichon pour compenser le manque de moyens. Rien de gênant, c’est même plus que correct (avec des hélicoptères, des explosions, tout ça).
Ce qui agace rapidement, ce sont les acteurs. Manque cruel de charisme et d’envergure dans les personnages. Et sans aller jusqu’à exiger un side-kick qui jongle pour détendre l’atmosphère, il faut reconnaitre que ça manque cruellement de second degré, alors que c’est indispensable au genre (ne serait ce que pour renforcer la tension dramatique en faisant buter le petit comique de service au moment opportun, et plomber l’ambiance un bon coup). Palette terne, personnages creux et premier degré… Ce n’est pas un film qui respire la joie de vivre (ouais, ok, en même temps, vu le sujet…).
Bon, alors autant le dire rapidement : si The Crazies a de bonnes idées dans son approche du genre, on ne manque pas de se vautrer dans de bonnes incohérences, scènes inutiles et autres trucs qui donnent envie de troller. Si vous avez la possibilité de le voir avec des amis qui aiment dire du mal, vous allez passer un eeeeeeexcellent moment !
Je vais me contenter d’un exemple : les sabots. Assez rapidement dans le film, les men in black du gouvernement viennent récupérer les personnes non contaminées et « récupérer » ceux qui présentent des symptômes (bon, déjà, je spoile mais c’est pas grave : l’armée aurait gagné à avoir un rôle plus ambigu, car sur la fin on en arrive à une incohérence assez gavante… Se donner autant de mal, si c’est pour buter tout le monde… Bref, je n’ai rien dit !). Et donc pour empêcher que les gens ne s’enfuient dans tous les sens, ils mettent des sabots à toutes les voitures.
Ok, je vous repose l’ambiance : on est en plein chaos semi-zombiesque. L’armée débarque, et en plus des hommes, munitions, armes, trousses de premier soin, ils sont donc venus avec un semi-remorque contenant des sabots pour voitures. Bon, déjà côté logistique, je trouve ça moyen, mais admettons, si c’était efficace, LE truc indispensable. Mais un sabot… Avec une scie à métaux, pouf pouf, on le vire, ou au moins on dégage assez la roue pour l’enlever et en mettre une neuve à la place.
Alors de deux choses l’une : soit ils voulaient faire du temporaire, mais là, ne me faites pas croire que mettre des sabots à toutes les voitures d’une rue, ça se fait en vingt secondes. Ce n’est pas plus efficace que de crever les pneus de toutes les voitures, et pour ça, hop hop, un petit coup de canif avec les couteaux de l’armée et en dix secondes c’est plié. Soit vraiment ils ont les nerfs, et ils décident de pourrir toutes les voitures, et là une rafale dans le moteur et pan, la voiture est clouée sur place.
Non, au lieu de ça, ils ont foutu des sabots à toutes les voitures. J’imagine bien le truc : « Johnson, tu t’occupes de brûler les cadavres. Spencer et Cohen, vous prenez le M16 et vous regroupez les survivants. McLane, avec moi, on s’occupe des maisons. Et toi Tommy, tu poses les sabots sur les voitures en nous attendant. »
De bonnes idées mais supermal exploitées, du gore, et un finish qui a sa place toute méritée au panthéon de fins ratées… Ces derniers temps, je finis mes articles en vous disant si oui ou non ça vaut le coup de dépenser 10€ pour aller voir le film : là clairement, non, à moins d’y aller avec une bande de potes trolleurs de la mort.
Bienvenue à Zombieland
7/06/10
Quand Left 4 Dead rencontre Shaun of the Dead…
Histoire de continuer sur ma lancée zombiesque de ces derniers jours, un petit passage par Zombieland, film déjanté sur la survie en environnement contaminé.
Il était une fois un bon geek à frisettes (que nous appellerons « Columbus »), tellement occupé à jouer à WoW pendant trois semaines sans sortir de chez lui qu’il ne s’est pas rendu compte que le monde avait viré au chaos. Ce petit bonhomme totalement névrosé a réussi à survivre grâce à un ensemble de règles qu’il applique à la lettre (les premières étant : #1 : un bon cardio ; #2 : double tap ; #3 : méfiez-vous des toilettes ; #4 : bouclez votre ceinture). Voulant retrouver sa famille, il prend la route, et croise un bon redneck (« Tallahassee ») avec tout son attirail : chapeau de cowboy, blouson en cuir, grosse caisse blindée et arsenal semi-militaire (avec une mentalité bien rock’n'roll & fuck the world). Mais voilà que nos deux mâles tombent sur deux soeurs, « Wichita » et « Little Rock », à peeeeeeeeeeeeine manipulatrices et fourbasses.
Néanmoins, l’amateur ne s’y trompera pas : on a quatre personnages, ce qui veut dire que le quota de survivants est atteint, et qu’on va pouvoir aller casser de l’infecté en famille.
Gore et fun, avec des environnements qui s’y prêtent bien (parc d’attraction, super marché, réserve indienne, mansion de Beverley Hills…), il n’y a pas grand chose à ajouter : Zombieland remplit à la perfection son contrat, un film de zombies défoulant et jubilatoire, même si ça manque parfois d’un peu de sel (certaines vannes tombent à plat).
Survolté, on va aller crescendo pour aboutir à une scène finale digne d’une bonne campagne du dernier jeu de Valve.
A ranger entre Planète Terreur et Shaun, avec néanmoins un moins grand pouvoir « potentiellement culte ». De quoi passer une bonne petite soirée.
Non, le mec à gauche, ce n’est pas Moot.



















