(La photo ne vient pas de mon appareil)

Il y a des éditeurs qui, pour annoncer la sortie de la suite d’un de leurs titres, balancent un communiqué de presse et regardent les fans s’extasier. D’autres attendent l’E3 (il paraît qu’on n’est plus ringard en ne disant pas « ikioube » mais bêtement « euh trois »… Tout se perd dans le monde du jeu vidéo), et balancent the teaser of the death.

Valve, que j’ai déjà loué plus bas pour l’excellent Steam, a poussé le bouchon beaaaaaucoup plus loin pour annoncer la suite du mythique Portal. Ils sont geeks, ont réinventé le FPS avec Half-Life (c’est d’ailleurs à cette époque qu’on a arrêté de parler de doom-like, tiens), et totalement tordus. Ils en ont fait la démonstration…

Tout commence donc par une mise à jour Steam de Portal. La communauté se demande de quoi il retourne : Portal, vieux de plusieurs années, une mise à jour ? Le log indique : « Changed radio transmission frequency to comply with federal and state spectrum management regulations ». De quoi piquer la curiosité des joueurs, qui ont commencé à regarder en quoi les radios avaient changé.

En prenant la première radio du jeu et en l’amenant sur le bouton rouge (les initiés comprendront), une série de BIP se met à jouer : du morse. Il ne fallut pas longtemps à la communauté (en ébullition pour l’occasion) pour trouver la traduction : « Interior Transmission Active External Data Line Active Message Digest Active ». Les autres radios émettaient des sons particulièrement bizarres, qui correspondaient à 26 fichiers sons « dinosaur1″ à dinosaur26″.

Bizarres au point que ces sons n’étaient pas des sons, mais des images. Codées sous forme de sons. Grâce à la méthode SSTV, les fans purent récupérer les-dites images, bien énigmatiques et glauques.

Oui, voilà, c’est déjà tordu, n’est ce pas ? Mais grâce à ces images, la communauté arriva à dégoter un numéro de téléphone (regardez l’image en haut à gauche sur les quatre postées). Evidemment, appeler le numéro aurait été trop simple. Il fallait en réalité se connecter avec son modem, … pour tomber sur un serveur BBS (l’ancêtre d’internet) et surtout, une demande d’identifiant et de mot de passe.

Après encore un peu de réflexion et de décryptage de morse, une des radios donnait la solution : « System Data DUMP Active User Backup Active Password Backup Active ». Mot de passe et password à entrer : backup.

Et là, quelle récompense merveilleuse attendaient les intrépides aventuriers de l’extrême ? Des images ASCII (dont les images qui ont été publiées ensuite par Gameinformer en 3D et en couleur)… Pour ceux qui ne connaissent pas, l’ASCII est une vieille technique consistant à faire des images avec des lettres et des symboles, à une époque où charger 500ko prenait une demie heure… Pour un exemple : ici (hum, it looks so delicious and moist !).

Certaines images ASCII étaient signées GlaDOS 3.11. GlaDOS, plus besoin de la présenter : le robot le plus psychotique et sadique qui soit… 3.11, en revanche ? Oh, par rapport au reste, c’était presque facile : 3/11, avec le format américain de date, ça donne évidemment le 11 mars. Tiens, justement la date à laquelle Gabe Newell, le directeur et co-fondateur de Valve, devait recevoir son Pioneer Award.

Valve laissa les joueurs se reposer quelques jours, avant de proposer une nouvelle mise à jour de Portal sur Steam : « Added valuable asset retrieval ». Hum ? C’est en finissant le jeu que la nouveauté de la mise à jour pouvait être vue : une nouvelle fin.

A la fin de Portal, Chell, l’héroïne, parvenait à détruire GlaDOS, et se retrouvait propulsée à l’extérieur du laboratoire d’Aperture Science. On voyait la caméra gésir sur le sol, et des débris tomber tout autour. Mais avant de passer à la scène suivante, qui nous montre ce que renferme le sous-sol du complexe d’Aperture, un petit ajout est fait : un robot vient tirer le corps de Chell, en annonçant : « Thank you for assuming the party escort submission position » (quand GlaDOS cherche à détruire Chell à la fin des 17 expériences, amorçant une folle course en dehors des sentiers battus, elle nous demande de nous allonger calmement et d’attendre que l’équipe responsable de la fête vienne nous chercher).

Finalement paru l’annonce officielle. Mais l’aventure était loin d’être terminée : certaines lettres étaient soulignées, formant « dratmannh0nee ». Rapidement survint l’hypothèse qu’il s’agissait d’un nouvel identifiant à utiliser pour le serveur BBS. Ce nouvel identifiant permis d’obtenir de nouvelles images ASCII, dévoilant notamment le mode coopératif à venir.

Le 11 mars arriva, et Gabe Newell prit la parole pour recevoir son Pioneer Award. Quand soudain, un bsod apparu sur l’écran. Pour les non initié, bsod est l’acronyme de blue screen of death, le fameux « écran bleu » indiquant un gros plantage sous Windows. Gabe Newell s’écria alors : « Voilà ma récompense pour avoir travaillé chez Microsoft ! », et quitta la salle. Ouais, sauf que voilà, jetez un oeil au bsod en question…

Vous avez déjà vu, vous, des écrans bleus signés GlaDOS ? A nouveau, la communauté a planché pour percer à jour ce qui se cachait là derrière. Un simple message : SUSPENDUNTILEEE, soit avec les espaces SUSPEND UNTIL EEE, soit en gros et en français : suspendu jusqu’à l’E3 (le plus gros salon du jeu vidéo, à Los Angeles, qui a lieu au mois de juin).

Epique et ultimatement geek. Valve… On vous aime !