Critique 3 en 1
Bon, allez, un petit mix et sans image : Zone of the dead, Diary of the dead, et The dark hour !
- Zone of the dead :
Sympathique long métrage serbe, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard (et je parle en connaissance de cause). Un train transportant des produits chimiques dangereux a une fuite (à cause de militaires un peu bourrés qui s’engueulent avec un agent de police sur le quais de la gare, une balle part, et pan, nuage toxique et zombies). Au rang des écueils : au bout de trente minutes de film, on ne sait toujours pas qui on suit… On voit divers protagonistes en train de parler ou d’agir, et le film met un bon moment à se mettre vraiment en place. Après… low budget, peu de réelles bonnes idées, et quelques scènes ultra clichées.
Ce qui sauve le film (pas mal au demeurant), c’est sa galerie de personnages. Avec notamment une grosse brutasse fanatique religieux qui dégoupille du zombie à mains nues en récitant des versets, le vieux routard black de la CIA (montagne de muscles à ses heures perdues), la jeunette qui l’accompagne (qui ressemble pas mal à Claire Redfield), le prisonnier qui a tellement la classe qu’il connait tout sur les zombies et qu’il fait tourner ses pistolets à la Ocelot (ou à la El Wray)…
- Diary of the dead :
Injustement boudé par la critique, on retrouve avec joie LE maître du zombie, Roméro. Non content d’avoir inventé le genre, il signe ici un film où il joue avec les clichés tout en renouant avec le vrai film de zombies (et non d’infectés ou de semi-infectés comme on le voit trop souvent). Dans la plupart des films du genre, les personnes contaminées/zombifiées chassent les vivants, et si elles les mordent, de nouveaux zombies viennent grossir les rangs. Dans le film de zombies à la Roméro, ce sont les morts qui se relèvent. TOUS les morts. Suicidés, arrêts cardiaques, et évidemment les personnes mordues (même morsure légère).
Diary of the dead regorge de bonnes idées et d’entorses aux codes du genre : les survivants n’assistent pas au patient zéro mais découvrent l’évènement par les médias, la trame sous forme de road movie tourné en caméra épaule par des étudiants en cinéma sous la direction de leur professeur philosopho-alcoolique donne un certain cachet (et une justification au simili-reportage), le film se permet quelques scènes qui pourraient être légères mais où la tension reste continuellement palpable, on évite le sursaut facile (genre « BOUH ! »), les mises à mort sont toujours originales (faux, arc, piscine, acide…). Bref, du très très bon.
Seul bémol : le message en filigrane laissé par un des personnages, qui peut s’apparenter à une critique facile des médias. En même temps… D’une part elle n’est pas totalement infondée (ce n’est pas « puf, de toute façon les médias nous mentent et nous manipulent, c’est trop de la merde, et l’homme est avide de méchanceté et de sadisme »), et d’autre part, vu les derniers jours que vient de passer le personnage qui a monté les images des deux caméras… On peut comprendre.
Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas.
- The Dark Hour :
Original, tel est le maître-mot de ce long métrage espagnol. On est plus dans un film d’angoisse à l’univers proche de Métro 2033 que du vrai film de zombies, car si ces derniers existent (et qu’on les rencontre parfois), l’histoire va plutôt se centrer sur la survie d’un groupe de personnages dans un sous-terrain. On suit Jesus, un enfant de dix ans ayant trouvé une caméra, qui nous présente son petit univers tout en délicatesse et naïveté ; ce qui permet au film d’aborder, par exemple, l’homosexualité masculine en toute simplicité, fait assez rare dans le cinéma en général (« Ca, c’est Maria et Pablo, ils passent leur temps à faire des bisous et des câlins. Eux, c’est Lucas et Matéo, ils sont comme Pablo et Maria »). On sait peu de choses sur les infectés, donc je ne spoilerai pas : tout se noue au fur et à mesure que l’histoire avance.
L’atmosphère est efficacement posée, sans trop en montrer. L’exemple typique de film où le manque de moyens est contrebalancé par une recherche constante d’innovation.
C’est loin d’être une réussite sur toute la ligne, mais si on vous propose d’y jeter un oeil, ça vaut le coup.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Zerach le 4 juillet 2010 à 8 h 36 min, et placée dans Cinémathèque. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |